"Va chercher!": laminé par Google, le moteur de recherche culte des années 1990 Lycos ressuscite pour 35.300 euros
Le portail Lycos.fr en 1998 - Capture d'écran / Wayback Machine
C’est un nom qui va rappeler des souvenirs aux internautes de la première heure. Bruit strident de modem 56k et ligne téléphonique monopolisée pendant des heures pour voir s’afficher à l’écran un chien noir prêt à lancer nos recherches. C’étaient les belles années de Lycos.fr, moteur de recherche lancé en 1994 qui fit fureur avec son retriever auquel on disait "Va chercher!". Un pionnier aux côtés des Yahoo!, Wanadoo ou autre Voila qui ont mis sur les rails du net bon nombre de Français et solutionné les premières recherches sur le web.
Avec la montée en puissance de Google au début des années 2000, les portails généralistes surchargés d’informations sont petit à petit tombés dans l’oubli et Lycos Europe a fermé définitivement en février 2009, Lycos.fr avec lui. Lundi, celui-ci est rené de ses cendres, par le fruit d’une vente aux enchères de nom de domaines sur le site spécialisé WebExpire, raconte le site Next. Pour 35.300 euros, les nouveaux acquéreurs de Lycos.fr espèrent faire revivre un mythe, sans copier l’original.

Et il n’aura fallu que quelques heures d’attente pour voir la page se réactiver… et les milliers de nostalgiques déjà se rapatrier. "On a récupéré le domaine hier, on n’a encore rien annoncé, et il y a déjà des milliers d’inscriptions," s’étonne auprès de Next Benjamin Romei, fondateur d’ADN Contents, la société qui a remporté les enchères. "On n’avait pas prévu que ça aille aussi vite, ce sont les gens qui ont décidé pour nous et ça confirme que ce nom réveille quelque chose de bien réel". Le tout sans la moindre communication.
Faire renaître, pas revivre la nostalgie
La société n’entend pas laisser encore dormir le nom, mais veut "refaire de Lycos une porte d’entrée simple du web français". La nouvelle page d’accueil qui s’affiche en se rendant sur l’adresse est bien plus sobre que l’originale. Pour le moment, Lycos propose de pré-réserver une URL personnalisée. Son repreneur explique que le projet s’articulera autour de trois piliers, qui ne sont pas sans rappeler les grandes heures du portail:
- Un moteur de recherche doté de son propre index, avec actualités et profils des membres.
- Un agrégateur de médias pour le suivi de l’actualité
- Lycos ID, un service de page personnelle entre Linktree et About.me, façon carte de visite en ligne.
Faire différent tout en s’appuyant sur l’énorme capital sympathie qu’avait Lycos auprès des premiers utilisateurs, c’est le difficile pari que fait ADN Contents, qui jure aussi ne pas vouloir faire simplement nostalgique. Le célèbre retriever n’apparaît d’ailleurs pas sur la page d’accueil, ne le cherchez pas. Lycos revient donc rappeler une époque où internet semblait simple et inoffensif.
C’est aussi une des difficultés qui accompagnent cette renaissance: comment survivre avec une alternative indépendante et simple quand les réseaux sociaux sont devenus surpuissants et l’algorithme roi? À ce nouveau Lycos de montrer qu’il saura (r)apporter quelque chose de frais et nouveau pour ne pas juste s’apparenter à un doux souvenir modernisé.
