On a testé l'iPhone Duo: il est très cher, a quelques manques et certains points rageants, mais pourtant Apple a réussi son pari sur le pliant
Un écran petit ou un grand. L’iPhone Duo a décidé de proposer les deux et pour tous les usages. En dévoilant son tout premier smartphone pliant en septembre dernier, Apple sait qu’il prend un risque sur un segment de marché qui peine à décoller, dominé de manière hégémonique par Samsung et ses Galaxy Fold/Flip.
La marque californienne a fait le pari d’un format compact, mais d’un appareil qui ne fait pas de concessions sur la puissance et l’ergonomie. Nous avons passé plusieurs jours en sa compagnie. Entre effet "waouh", usages trouvés, manques loin d’être insurmontables et interrogations sur le futur, l’iPhone Duo vaut-il son coût?
Le format gagnant
Apple s’y met donc à son tour et fait le choix du format "passeport" plus compact que les modèles Fold plus élancés des autres marques (Samsung, Google et Honor en tête). L’iPhone Duo tient dans une poche de pantalon et se fait discret. Il est totalement utilisable à une main, bien que plus épais que le Samsung Galaxy Z Fold 8 (1,13 cm contre 0,97 cm) et surtout plus lourd malgré le châssis en titane (254 g contre 201 g). Samsung a gagné la bataille de la finesse, mais comme bien souvent, Apple a su trouver le bon équilibre entre design, ergonomie et contraintes matérielles qu’il se donne. L’iPhone Duo est moins haut, mais légèrement plus large, ce qui offre une autre ergonomie pour la vidéo notamment.

Le côté plus arrondi de l’iPhone Duo le rend agréable à tenir. On a moins l’impression qu’on risque de le laisser glisser. On apprécie la charnière, rigide pour permettre de le placer en position Flex (90°) ou tente, voire intermédiaire, mais pas trop pour être ouvert aisément. L’ensemble est élégant, avec son renforcement Ceramic Shield 2 à l’avant et Ceramic Shield 1 au dos pour résister aux chocs et rayures (mais pas aux traces de doigt!). Il est aussi certifié IP68 pour se prémunir en cas d’immersion longue et profonde, ou face à la poussière.
À la différence du Galaxy Z Fold 8, Apple a opté pour un ratio "1.4:1". Cela présente un avantage qui frappe tout de suite l’œil: la transition visuelle. Passer du format fermé à l’écran déplié est particulièrement fluide et naturel, se fait surtout sans déformation ni réagencement brutal comme sur le modèle de Samsung qui a besoin d’une demi-seconde totalement perceptible pour se mettre dans le bon sens de marche (le mode portrait fermé tarde quand on ouvre le smartphone au lieu de basculer en mode paysage). Ce n’est sans doute pas sans raison que le sud-coréen a mis à jour son appareil pour proposer en option la bascule plus naturelle de l’écran ouvert/fermé. Une option à aller activer quand elle est native sur l’iPhone. Tout est question de réflexion sur l’ergonomie et l’usage.

L’iPhone Duo est le plus fin de la famille de smartphone Apple (0,52 cm), mais reste à distance de la prouesse technologique du Galaxy Z Fold 8 (0,45 cm). Ça ne l’empêche pas d’être facile à tenir d’une main une fois déplié et de paraître plus léger que son poids ne l’indique.
Si l’on a un bémol sur le choix de design, cela concerne Touch ID. Tout d’abord, le choix de renoncer à Face ID — dicté, on se doute, par des considérations technologiques — est vraiment regrettable tant la caméra TrueDepth maison fait des miracles en termes de sécurité et de facilité d’usage. On retrouve donc le lecteur d’empreinte non pas sous l’écran, mais déporté sur le côté droit. Même pour des petites mains, il faut un temps d’adaptation pour trouver "à l’aveugle" son positionnement, sur la tranche arrière, ni tout en haut ni tout en bas, mais en position intermédiaire. Ce n’est pas un placement instinctif pour votre pouce ou votre index, presque trop à l’arrière de l’iPhone Duo. Un peu plus haut et sur la face supérieure nous aurait semblé plus intuitif. Mais cela ne le rend pas difficile à utiliser pour autant.
Deux écrans, deux ambiances
Apple a fait le choix d’un écran externe Oled de 5,4 pouces avec technologie Promotion (120 Hz adaptatif). C’était il y a peu la taille d’écran de l’iPhone 12/13 mini. Celui-ci est extrêmement lumineux (jusqu’à 3.000 nits en extérieur) et lisible en toutes situations. Mais l’atout de l’iPhone Duo par rapport à la concurrence, c’est le choix du revêtement nano-texturé sur l’écran intérieur Oled de 7,6 pouces (comme le Galaxy Z Fold 8).

Cela a le mérite de réduire considérablement les reflets, mais surtout de faire "disparaître" visuellement la pliure due à la charnière. Elle existe, mais le nano-texturé la rend invisible à l’usage, pas seulement quand l’affichage est clair ou sombre. C’est le coup de génie (et une partie du coût supplémentaire) de l’iPhone Duo. Cela donne une sensation d’écran de liseuse et de fatigue oculaire amoindrie. Et pour le tactile, la texture reste très agréable sous les doigts (pas trop gras pour éviter de laisser des traces tenaces). On imagine aisément que la compatibilité annoncée pour la fin du mois avec l’Apple Pencil renforcera la sensation d’écriture.
Apple nous a confirmé qu’il serait remplaçable en Apple Store une fois abîmé. Mais à moins d’essayer de le retirer en croyant à un film protecteur (mais il est encore mieux posé bord à bord que celui du tout premier Galaxy Fold de Samsung qui avait fait débat), il n’y a pas de raison de le voir s’abîmer trop vite. Nous avons multiplié les ouvertures-fermetures pour voir s’il avait tendance à marquer rapidement et, au bout d’une semaine, il est toujours en place, grâce à une charnière astucieusement conçue avec plus de 100 composants et renforcée en titane Grade 5 imprimé en 3D.

Avec son double écran, on a ainsi plusieurs usages possibles. L’écran fermé est extrêmement pratique pour tout faire à une main, naviguer sur l’écran, ouvrir et fermer des applications qui sont rigoureusement les mêmes que celles du menu d’accueil, l’iPhone déplié. Le format un peu plus large permet aussi de s’en servir aisément, pour taper avec les deux pouces sans que ceux-ci se touchent. Le clavier est d’ailleurs très ergonomique, tout comme la version grand écran qui tombe sous les doigts en mode portrait ou paysage.
Les deux écrans, interne et externe, présentent des usages différents et complémentaires. Nous n’avons pas systématiquement ouvert l’appareil pour retrouver une grande surface d’affichage. La bascule fluide grâce au ratio choisi entre le petit et le grand écran est non seulement agréable à l’œil grâce à son effet visuel, mais contribue largement à la continuité d’usage quand nécessaire (chercher son trajet sur Apple Plans ou Google Maps sur grand écran et l’avoir sous le nez en version classique en refermant le smartphone pour poursuivre sa route).

En ergonomie d’usage, l’iPhone Duo est de loin le mieux pensé du segment des smartphones pliants, dans la transition et la continuité entre les deux écrans, les deux formats. Il est pensé comme un iPhone avec une surface supplémentaire à disposition pour plus de productivité, de divertissement et de créativité. Chacun fera son choix.
Interface: le pari réussi de la fluidité
Qui dit double surface dit forcément repenser les interfaces. Si vous avez l’habitude d’un iPhone, vous ne serez clairement pas dépaysé. Apple a su adapter son système d’exploitation à son nouveau format. Tout n’est pas encore parfait, mais entre la présentation début septembre et les tests de la fin octobre, nous avons déjà vu de l’amélioration et de l’adaptation. À savoir que, pour toutes les applications conçues sous iOS 26 ou les versions antérieures, vous verrez apparaître des bandes noires sur le côté de vos applications, mais l’ingénieuse double flèche du bas permet de les agrandir pour qu’elles occupent quasiment toute la surface à la verticale (écran ouvert ou fermé). Si elles sont déjà adaptées à iOS 27, elles se redimensionneront ou exploiteront la totalité de l’écran immédiatement. C’est déjà le cas pour Youtube, Netflix, Facebook, Whatsapp, Slack, etc. qui ne laissent qu’une fine marge latérale pour la barre d’état.


Petit coup de cœur au jeu du double écran pour l’application Deck-Man qui transforme l’iPhone Duo en baladeur cassette. iPhone entrouvert, l’app prend des allures de walkman dans lequel on va "glisser" notre musique. Et quand on referme, l’appareil se met à "tourner" en façade". De plus, le son de l’iPhone Duo, en musique comme en vidéo, s’avère puissant, spatialisé et de qualité pour son petit format. Le son est clair, le rendu immersif, et ce, quelle que soit la position de l’appareil, même en position tente. Cette dernière fonction, sur l’iPhone Duo soit en charge ou non, offre un mode réveil lumineux fort utile et une pendule bien lisible pour le quotidien au bureau, par exemple.

Sur l’écran ouvert, l’affichage de deux applications est assez intuitif. Vous pouvez appuyer longuement sur l’icône et opter pour la fonction "Split View" qui va positionner la 1re application sur une moitié d’écran et vous pourrez choisir la seconde. On peut même afficher deux pages avec Safari, mais pas avec Chrome. L’autre choix consiste à glisser une application ouverte sur la zone droite ou gauche choisie. La redisposition de la barre de menu sur le côté droit la rend très pratique, avec la barre Dynamic Island qui met les applications Live en avant sous le capteur externe et interne, pour y accéder simplement.
On sent qu’Apple a mis l’accent sur l’ergonomie des menus et cela fait une sacrée différence. Si vous disposez de multiples pages d’applications, elles se succèdent les unes aux autres et pas par affichage de deux. De même avec une application ouverte sur une moitié d’écran interne, la barre de menu se déplace pour trouver toujours une place bien pensée, que ce soit à la verticale (où elle repasse en bas classiquement) ou à l’horizontale.

Photo: la polyvalence, mais des manques
Au total, l’iPhone Duo compte 4 capteurs photo: un classiquement en façade (12 Mpx) quand il est fermé, deux au dos (principal Fusion et Ultra grand-angle Fusion de 48 Mpx) et un capteur sous l’écran interne de petite résolution. Ce dernier a le mérite de ne pas perturber la zone d’affichage, car il sait se rendre invisible. Chacun trouve un usage intéressant.
Vous pouvez évidemment vous adonner à la photo selfie en format plié, avec la technologie Cadre centré pour toujours rester au centre en vidéo. Mais vos selfies peuvent aussi devenir plus faciles à prendre et de bien meilleure qualité en vous servant de la caméra arrière, smartphone déplié. L’écran externe devient alors une caméra retour pour juger du résultat avant le déclenchement de la photo.

La caméra au dos est fidèle aux habitudes des iPhone, de bonne facture, efficace en basse lumière comme en plein jour. On regrettera l’absence d’un véritable capteur téléobjectif, même si le capteur principal dispose d’un zoom optique 2x. Si vous voulez capturer un sujet au loin (en concert par exemple), cela devient tout de suite moins simple. L’iPhone Duo veut en tout cas vous aider à réussir vos photos et notamment si vous prenez des enfants avec la possibilité d’ouvrir l’appareil et de transformer l’écran externe, non seulement donc en miroir, mais aussi en écran d’animation avec Snoopy pour distraire et faire sourire (fonction Kid Cue). Effet garanti !

Et il y a donc cette caméra intérieure qui ne vous offrira pas les meilleurs selfies, loin de là. Mais elle s’avère très utile pour les appels en vidéo. Elle est d’ailleurs optimisée pour cela. Vous pouvez poser l’iPhone Duo à 90° pour parler et être ainsi filmé sans tenir l’appareil. Et si vous voulez faire des appels Face Time à 3 personnes (mais deux appareils Apple seulement), il est possible de vous filmer avec celle-ci et de filmer une personne physiquement face à vous avez le module photo au dos. À l’écran, votre interlocuteur verra tout le monde, comme si la conversation se faisait à distance à trois.
Si Apple a fait des concessions sur le troisième capteur au dos, l’iPhone Duo dispose de toutes les innovations photo déployées sur les iPhone 18 Pro, peut filmer jusqu’en 4K/120 ips en Dolby Vision, faire des timelapse 4K en Dolby Vision HDR et appliquer les effets visuels et photographiques, le mode cinématique après coup et améliorer la qualité audio grâce à la fonction Audio Mix.
Pas de concession sur la puissance
L’iPhone Duo ne mise pas seulement sur son design innovant et sa proposition fonctionnelle différente des iPhone 18 pour faire trop de compromis sur le reste. En tout cas, Apple n’a pas voulu faire de compromis sur la puissance. C’est la puce A20 Pro qui l’équipe, avec une chambre à vapeur repensée, une double batterie bien répartie, autant pour éviter la surchauffe du smartphone que pour assurer une plus grande finesse (il aura tendance à chauffer tout de même un peu en cas de sur-sollicitation ou après des heures de jeu).
On trouve aussi une architecture avec une feuille de graphite souple qui permet d’assurer de bonnes performances. L’iPhone Duo résiste à toutes les sollicitations avec une certaine fluidité. Le double affichage, le lancement de vidéo, l’appareil photo utilisé à outrance ou même le jeu mobile, il ne fléchit jamais et l’on sent qu’il en a encore sous le capot, malgré l’affichage gourmand.

Niveau autonomie, il tient la route. Ce n’est pas le plus endurant des iPhone, mais il dépasse la journée en le sollicitant beaucoup (mais aussi, car les premiers jours le font beaucoup tourner en arrière-plan en raison de l’indexation des données sous iOS 27). Il a le mérite de se recharger plutôt vite. Nous avons ainsi gagné 40% en 20 minutes, 55% en 30 minutes et rechargé totalement en un peu plus d’une heure.
Notre avis:
Si l’on met le prix à part, qui reste sujet à débat sans cesse et qui est quasiment le plus élevé de sa catégorie (à partir de 2.395 euros), l’iPhone Duo est une première particulièrement soignée et réussie. Il remplit sa mission de proposer un format différent des habitudes, mais utilisable aisément et intuitivement pour ceux qui n’auraient jamais eu ce genre de produit en main. Il tient pour cela bien son nom avec sa dualité d’usage.
Paradoxalement, nous avons eu tendance, comme avec le Galaxy Z Fold 8, à beaucoup l’utiliser fermé, comme un iPhone classique. C’est là que l’on réalise finalement que l’on n’a pas besoin d’un écran plus grand, mais peut-être mieux dimensionné. L’ouvrir a été très utile pour jouer, lire, écrire et naviguer sur internet surtout. Les applications telles que Mail, Agenda, Callsheet pour les fans de cinéma (pas de pub, anti-spoilers, info sur les acteurs en live, etc.) ou même celle de navigation ou retouche photo/vidéo prennent toute leur dimension et deviennent plus naturelles à utiliser.
Alors, certes, il y a quelques manques (le zoom), quelques points qui nous font rager (l’absence de Face ID, le positionnement de Touch ID, l’obligation de basculer vers l’eSIM), mais, définitivement, le format compact est la clé fonctionnelle d’un smartphone pliant. Apple est là où on l’attendait: un produit soigné, bien pensé, facile à prendre en main, taillé pour l’utilisation immédiate, polyvalent, mais onéreux. On rêvait de voir ce qu’Apple pouvait faire sur ce marché. On obtient un iPhone qui peut faire encore plus qu’il le faisait déjà. Apple n’innove pas forcément sur son nouveau segment (exception faite de l’écran intérieur), mais il peaufine l’existant pour le rendre évident et désirable.
Prix et disponibilités de l'iPhone Duo
L'iPhone Duo est disponible à compter du 23 octobre en Blanc Stellaire ou Ciel Nocturne, dès 2.339 euros avec 256 Go de stockage.