Anduril, fournisseur high-tech de l'armée américaine, s'allie à Qualcomm pour son PC portable "fabriqué aux Etats-Unis", il ambitionne de réaliser le rêve de Donald Trump
Si un iPhone ou un Trump Phone "fabriqués aux États-Unis" semblent illusoires pour l'instant, le pari d'un ordinateur "conçu et assemblé" sur les terres de Donald Trump semble finalement envisageable. Anduril, la start-up fondée par Palmer Luckey, à qui l'on doit les casques de réalité virtuelle de Meta, a signé un accord avec le géant américain Qualcomm.
Annoncé en juillet 2025, ce projet va pouvoir compter sur Bluechip, une nouvelle gamme de produits qui fournira "les industries les plus critiques des États-Unis", précise Qualcomm dans un communiqué. Elle se destine au gouvernement, au secteur de la défense ou de la sécurité publique.
L'objectif d'une chaîne d'approvisionnement 100% américaine
Pour l'entreprise américaine qui conçoit les puces présentes dans de nombreux smartphones, mais qui sont ensuite fabriquées en Asie, l'objectif final est de rétablir une "chaîne d'approvisionnement américaine de bout en bout".
C'est principalement la chaîne d'approvisionnement, quasi inexistante outre-Atlantique car délocalisée depuis bien longtemps en Chine et dans une partie de l'Asie, qui rend la fabrication "made in USA" difficile, surtout quand on souhaite ne pas faire grimper la facture.
"Les États-Unis ont été les pionniers de l'informatique personnelle et continuent de diriger le monde dans la conception de technologies de pointe, mais des décennies de délocalisation ont laissé l'Amérique dépendante des fabricants étrangers pour les ordinateurs et les composants qui alimentent tout, des appareils personnels aux infrastructures gouvernementales critiques," ajoute le communiqué.
Qualcomm, qui a elle-même participé à cette délocalisation, cherche à s'attirer les faveurs d'un Donald Trump qui a fait du "fabriqué aux États-Unis" et de la réindustrialisation dans le domaine des nouvelles technologies l'un des objectifs de son second mandat.
Les écrans, le caillou dans la chaussure d'Anduril
Concrètement, les appareils Bluechip seront fabriqués aux États-Unis, notamment l'assemblage de cartes de circuit imprimé, dans l'usine de fabrication d'Anduril, spécialisée dans la défense, située dans l'Ohio. Elle y conçoit déjà des drones, des missiles et d'autres technologies de défense, précise Bloomberg.

Les puces Qualcomm destinées à ces ordinateurs seront quant à elles produites en Arizona par TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company), qui y possède déjà une usine opérationnelle et va étendre sa présence avec plusieurs autres usines et sites.
Pour Palmer Luckey, la fabrication d'un ordinateur "n'est pas bien différente" de celle d'un drone autonome: "La seule différence est la forme, et qu'il y a un écran et un clavier."
Des prototypes fonctionnels ont déjà été produits. 90% de leurs composants proviennent de "fournisseurs américains ou de pays alliés". Anduril prévoit une feuille de route "100% américaine".
Palmer Luckey précise que l'un des éléments qui reste difficile à fabriquer aux États-Unis n'est autre que l'écran. Il n'y a en effet plus aucune usine dédiée à ce secteur, et les dalles LCD ou OLED sont toutes originaires de Corée du Sud, de Taïwan et de Chine.
"Nous discutons avec plusieurs fournisseurs et avons un plan pour résoudre ce problème spécifique," promet-il. Il prévoit des annonces lors du CES 2027, le salon des technologies qui a lieu chaque année à Las Vegas au tout début du mois de janvier.
Reste plusieurs inconnues: le prix, d'abord, qui sera "plus cher" qu'un ordinateur portable fabriqué en Chine, prévient l'entrepreneur. Puis la question de la qualité de fabrication, alors que les fournisseurs potentiels n'ont aucune expérience, ou ne l'ont plus, "depuis des décennies". La production devrait néanmoins être lancée dès 2027. Aucune date pour la mise en vente n'est pour l'instant prévue.