"Si c'est trop cher, ils annuleront leur abonnement": Ted Sarandos, le patron de Netflix, défend le rachat de Warner Bros devant les sénateurs américains
La parole de Ted Sarandos, le co-PDG de Netflix, était très attendue. La nuit dernière, le dirigeant était invité à s'exprimer devant le Sénat américain dans le cadre d'une audition au sein d'une sous-commission de la commission judiciaire dédiée à la lutte contre les monopoles, le respect de la concurrence et des droits des consommateurs. Il est venu défendre le projet de sa plateforme de racheter Warner Bros, ses studios de cinéma, de télévision et de jeux vidéo.
Un rachat d'un montant de 83 milliards de dollars dont l'impact inquiète aussi bien sur l'ensemble de la chaîne de production, mais également du côté des prix qui pourraient monter de manière draconienne à l'avenir. Car, en rachetant Warner Bros, Netflix éliminerait de fait l'un de ses importants concurrents, HBO Max, pour absorber son catalogue au sein du sien.
Netflix "complémentaire" de HBO Max
Avec plus de 300 millions d'abonnés dans le monde, Netflix est en effet le leader du secteur, quand Warner Bros n'en affiche "que" 128 millions en incluant Discovery (qui n'est pas prévu dans le deal). Pour autant, Ted Sarandos estime que cela ne créerait pas un géant de la SVOD: "Netflix et Warner Bros ont tous deux des services de streaming, mais ils sont très complémentaires. En fait, 80% des abonnés à HBO Max sont également abonnés à Netflix. Nous offrirons aux consommateurs plus de contenu pour un moindre coût," assure-t-il.
Pour expliquer ce raisonnement, le dirigeant met en avant la politique d'annulation de l'abonnement de Netflix "qui se fait en un clic": "Si le consommateur dit que 'c'est trop cher pour ce que j'ai', il peut annuler en un seul clic."
Il a également annoncé que la plateforme travaillait avec le département de la Justice pour créer de possibles mesures de protection pour éviter de nouvelles hausses de prix.
Selon Netflix, ce rachat créerait "plus de valeur" pour les abonnés.
Ted Sarandos a notamment expliqué que les consommateurs de la plateforme dépensaient 35 cents par heure de contenu visionné, contre 90 cents pour Paramount+.
Un long chemin encore à parcourir
"L'histoire de Netflix a toujours consisté à ajouter plus de contenu et de choix," a affirmé Ted Sarandos, précisant travailler depuis longtemps avec Warner Bros pour la production de séries et de films au sein de sa plateforme.
Pour le dirigeant, la question d'un Netflix tout puissant ne se pose pas. Il en donne pour preuve les données de Nielsen datant de décembre 2025, et qui montrent que la plateforme de streaming privilégiée chez les utilisateurs sur leur télévision est Youtube (qui dispose de 12,7% de part de marché), tandis que Netflix arrive à la seconde place, avec 9% de part de marché. Il grimperait néanmoins à 21% en cas de rachat.
Cette audition qui en dit long sur la vision de Netflix n'est toutefois qu'une étape dans le très long processus qui s'annonce pour la plateforme. Sa bataille face à Paramount-Skydance, qui compte sur la justice après avoir vu ses offres refusées par Warner, est également compliquée par les critiques de Donald Trump. Le président américain a annoncé qu'il avait bien l'intention de s'impliquer dans cette affaire. Du côté d'Hollywood, on voit également d'un mauvais oeil ce rachat par Netflix. La plateforme a toutefois annonc�� qu'elle allait conserver une période d'exclusivité de 45 jours (aux Etats-Unis) pour les films en salles.
En outre, Netflix devra recevoir le feu vert des différents gendarmes de la concurrence à travers le monde. Si tout va bien, le rachat pourrait être acté dès le début de l'année 2027.