Ouverture de l'IA et de la recherche dans Android: Google fait appel de la décision de l'Union européenne

BFM Business Sylvain Trinel avec AFP
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Comme Apple avec certaines fonctions d'iOS, Google doit se conformer aux règles européennes si elle souhaite continuer à intégrer Gemini et Search a ses smartphones sous Android. Mais l'entreprise américaine ne l'entend pas de cette oreille.

Google a annoncé mardi qu'il allait contester en justice des décisions de Bruxelles visant à imposer plus de concurrence dans les moteurs de recherche et dans les services d'IA au sein d'Android, mais qui mettraient en danger la sécurité et la vie privée de millions d'Européens, selon lui.

En juillet, la Commission européenne avait exigé que le groupe partage, de manière encadrée, les données récoltées par son moteur Google Search avec les services de recherche concurrents, d'ici janvier 2027.

Google traité comme Apple

D'autre part, elle lui avait ordonné d'accorder d'ici un an aux assistants d'IA développés par des tiers un accès aux fonctions clés d'Android, son système d'exploitation pour téléphones et tablettes, les mettant ainsi sur un pied d'égalité avec ses propres services comme Gemini.

Selon Bruxelles, cette décision vise à donner un plus grand choix aux consommateurs en permettant à la concurrence de se développer.

La Commission avait opéré de la même manière avec Apple, obligeant le fabricant de l'iPhone à ouvrir les portes d'iOS, son système d'exploitation mobile, à des concurrents, notamment sur l'App store et les applications par défaut.

C'est cette obligation d'ouverture et d'interopérabilité qui fait que Siri AI, la version améliorée de l'assistant personnel d'Apple, n'est pas disponible en Europe. À l’instar de Gemini, cela obligerait l'entreprise à permettre à d'autres IA d'accéder aux mêmes données et aux entrailles d'un iPhone, ce qu'Apple refuse de faire "pour des raisons de sécurité".

Mais Google, qui avait déjà prévenu que ces mesures risqueraient aussi de saper la sécurité d'Android, et d'affaiblir la protection de la vie privée des utilisateurs, a fait savoir mardi qu'il saisissait la Cour de Justice de l'Union européenne, dont le siège est à Luxembourg, en vue de faire invalider cette procédure.

Un feuilleton qui fait risquer gros aux entreprises

"Nous faisons appel de décisions qui nous contraindraient à divulguer l'historique de recherche privé des utilisateurs sans anonymisation suffisante, et à affaiblir des protections de sécurité essentielles sur Android", a expliqué Oliver Bethell, responsable des questions de concurrence en Europe au sein de Google, dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Les utilisateurs ont recours à la recherche pour leurs questions les plus intimes, qu'il s'agisse de préoccupations médicales ou de relations personnelles, et nous imposer de communiquer ces requêtes sans garanties adéquates porterait un préjudice irréversible à la confidentialité des utilisateurs", a-t-il ajouté.

Un argumentaire partagé avec Apple, qui met en avant ses capacités à préserver la vie privée des utilisateurs - via un traitement en local ou via des serveurs ultra sécurisés - pour ne pas accepter les conditions fixées par l'Europe.

Ces mesures annoncées en juillet ont été prises en vertu du règlement européen sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA), qui vise à renforcer la concurrence dans les activités dominées par les géants de la Tech, et Bruxelles assure avoir pris en compte les inquiétudes pour l'intégrité, la sécurité et la confidentialité des données.

Si les entreprises ne s'y conforment pas, elles s'exposent à une amende pouvant aller jusqu'à 10% de leur chiffre d'affaires et à des astreintes financières (jusqu'à 5% des ventes quotidiennes moyennes).