Les données personnelles de près de 80% des Français sont en vente sur le darknet: après des mois de cyberattaques, les conséquences "d'infrastructures qui ne sont pas à la hauteur" se font durement sentir
Une part massive de Français ont de quoi s'inquiéter. Près de 80% des Français ont des données en vente sur le darknet en raison des piratages, a révélé jeudi un haut responsable de la gendarmerie lors d'une conférence.
"À peu près 80% des Français ont leurs données en vente sur le darknet à des niveaux plus ou moins importants", a déclaré le général André Petillot, major général de la Gendarmerie nationale, à l'occasion des Rencontres stratégiques de la Méditerranée organisées à Toulon par la fondation FMES.
"Il y a des gens pour lesquels il y a tout, l'adresse, téléphone, adresse mail, données de santé, etc", a-t-il ajouté, évoquant les nombreux usages malveillants que leur revente peut générer "des faux dossiers de prêts, des escroqueries de toute nature".
Des fuites de données qui s'enchaînent
La France est un des pays les plus ciblés par les cyberattaques, selon les professionnels du secteur. Une étude de l'entreprise de cybersécurité Surfshark publiée en juillet place l'Hexagone en tête des pays européens les plus touchés par des violations de données, avec 43,4 millions de comptes compromis au premier semestre 2026 - en hausse de plus de 62% par rapport à la deuxième moitié de 2025.
"La France arrive en deuxième position des pays qui subissent le plus de fuites d'informations, derrière les États-Unis," expliquait en août à l'AFP Karim Hamia, expert en cybersécurité chez Check Point Software Technologies.
Plusieurs cas retentissants de vols de données entre les mains d'organismes publics ont secoué le pays ces derniers mois, comme le piratage massif du fisc français cet été.
Le piratage de données d'autres institutions ont aussi eu des conséquences importantes, comme celui visant la Fédération française de tir, qui aurait permis à des criminels de localiser puis cambrioler des logements de tireurs pour leur dérober leurs armes.
"Nous sommes dans un monde en accélération permanente, on ne prend pas complètement conscience de la vitesse des choses, et un certain nombre d'infrastructures publiques ne sont pas à la hauteur de ce niveau de protection" a estimé le directeur général d'Orange Cyberdéfense, Hugues Foulon, lors d'une conférence aux côtés du général Petillot.
