Test du Google Pixel 11: un très bon smartphone, mais trop cher pour peu de changements
Il succède au Pixel 10, mais il lui ressemble beaucoup. Peut-être même trop. Car, depuis le 20 août, Google commercialise sa nouvelle gamme de smartphones dont le Pixel 11, et comme ses grands frères, il accuse une hausse de prix de 100 euros, à cause de la crise de la RAM.
Il démarre ainsi à 999 euros, mais avec 256 Go de stockage, là où le Pixel 10 était proposé à 899 euros pour 128 Go (on précise que pour la même capacité de stockage, son tarif était le même que son successeur). Mis à part cette hausse de prix, le modèle le plus abordable de cette nouvelle gamme se distingue par le peu de nouveautés qu’il embarque pour vraiment se distinguer du Pixel 10.
On l’a dit: le Pixel 11 est similaire à son prédécesseur. Et ce n’est pas une mauvaise chose car ce dernier disposait déjà d’un très bon design. Mais il y a un progrès notable, la barre qui contient les modules photo, désormais totalement en verre, a été amincie de 40%.
L’excroissance est donc beaucoup moins massive et passe totalement inaperçue une fois le smartphone équipé d’une coque.
Résultat: la prise en main du Pixel 11 est plus agréable car on n’est plus gêné par cette barre. Autre avantage: le smartphone ne vacille plus lorsqu’il est posé sur une surface plane.
Voilà pour le seul changement que vous verrez niveau matériel. Les autres nouveautés sont du côté du logiciel, et, sans surprise, l’intelligence artificielle est à l'honneur. Google continue de miser sur cette technologie pour rendre ses smartphones plus efficaces et pour les Pixel 11, cela commence avec la suite de fonctions agentiques Gemini Intelligence, présentée en mai dernier. Objectif: proposer un appareil encore plus utile, permettant ainsi aux utilisateurs de gagner du temps.
Le Pixel 11 (et ses grands frères) inaugure ainsi "l’assistance proactive", qui utilise le contenu à l’écran, les notifications ou encore la localisation pour proposer des suggestions personnalisées au bon moment. Elle peut par exemple trouver l’heure de votre vol si quelqu’un vous le demande par message ou suggérer une carte de fidélité quand vous êtes dans un magasin. Pour résumer, cette fonction permet de réaliser plus d’actions en moins de clics, promet Google. Seul hic, on n’y a pas encore droit en France, ni dans aucun pays de l’UE d’ailleurs. Une fois encore un géant de la tech pointe du doigt les règlements européens pour justifier ce retard.
Heureusement, ce n’est pas le cas de toutes les fonctions de Gemini Intelligence. On peut déjà profiter de Rambler (Dictée améliorée, en français) dans les messages et d’autres applications. Intégrée dans le clavier Gboard, elle ne transcrit plus mot à mot ce que l’on dit et supprime les hésitations ou les répétitions pour livrer un message allant à l’essentiel. Cette fonction s’est avérée une bonne surprise, d’autant plus qu’on peut même lui demander en langage naturel de modifier un texte écrit avec des consignes précises. Grâce à elle, on n’a plus besoin de chercher nos mots avant de parler.
Les autres nouveautés IA sont du côté de la photo. Après le coach photo qui aide à prendre de beaux clichés avec des conseils sur le cadrage ou le mode à utiliser, Google met l’accent sur l’esthétique. Camera Looks permet ainsi de personnaliser le style de ses photos, pour qu’elles ressemblent aux clichés pris par un ancien appareil photo ("Digi"), pour qu'elles affichent davantage de grain ("Classique") ou encore qu’elles soient tout simplement en noir et blanc.
Il est même possible de changer le style par défaut par des photos que l’on prend, avec quatre options offrant des tons et couleurs différents: Original, Naturel, Ombres et Vanille. Si vous voulez vous amuser avec vos clichés ou si la configuration par défaut de l’appareil photo ne vous plaît pas, vous ne serez pas déçus niveau choix.
Là où Camera Looks offre plus de contrôle, Capture magique permet de ne plus avoir à choisir entre photo et vidéo pour immortaliser un moment. Le principe: on enregistre une vidéo jusqu'à deux minutes et on laisse l’IA sélectionner et sortir des images recadrées et défloutées des meilleurs moments. Mais le problème tient au fait que les occasions de la tester ne sont pas si nombreuses dans un quotidien normal. Comme les autres nouveautés du smartphone, ce ne sont pas des fonctions centrales, mais des petits ajouts occasionnels. Et c'est encore plus vrai dans le cas de Capture magique.
Mis à part ça, le Pixel 11 ne change pas. Il est plus une petite évolution qu’une révolution comparé à son prédécesseur, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas un très bon smartphone. Il est doté des mêmes capteurs photo que le Pixel 10, qui livrait déjà de magnifiques photos.
Le téléobjectif offre désormais un zoom numérique allant jusqu'à 30x (contre 20x sur le Pixel 10). On ne l’a cependant pas beaucoup utilisé pour nos photos, car même s’il impressionne, l’image n’est pas très nette.
La nuit, le Pixel 11 s’en sort plutôt bien. On apprécie d’ailleurs le fait de ne plus avoir à sélectionner nous-même le mode "Vision de nuit", car il se déclenche automatiquement. Les photos sont bien éclairées, mais pas trop. Le capteur principal, plus grand pour offrir de meilleurs résultats dans des environnements sombres selon Google, peut cependant avoir du mal à compenser le manque de lumière. Résultat: on se retrouve avec des images parfois granuleuses (phénomène connu sous le nom de bruit numérique en photo).
En dehors de la photo, le Pixel 11 est agréable à utiliser au quotidien, avec un écran Oled de 6,3 pouces de bonne qualité pour les vidéos et les jeux. Il est aussi lisible en toutes circonstances, y compris en plein soleil. Et avec son processeur Tensor G6, on peut faire du multitâche ou jouer à des jeux exigeants sans problème et sans que la puce ne chauffe de manière gênante.
Pour finir, on n’a toujours pas à se plaindre niveau autonomie: le Pixel 11 tient la journée avec une utilisation assez intensive (photos, suivi d’une séance de marche suivie avec le GPS, télé en direct, réseaux sociaux, web…) et une journée et demie avec une utilisation plus classique.
Avec son Pixel 11, Google continue de proposer un très bon smartphone et photophone. Il est agréable à utiliser au quotidien, autant au niveau du design que des performances, et toujours avec sept ans de mises à jour Android et de sécurité.
Cette année, le géant américain s’est contenté d’améliorer sa formule avec de petits changements et des nouveautés logicielles exclusives avec l’IA. On regrette d’ailleurs que l’assistance proactive, qui aurait probablement rendu l’expérience meilleure, ne soit pas encore disponible en France.
Mais cela ne change pas le résultat final: ces petites évolutions ne font pas le poids face à la hausse de prix du smartphone. Il peine à se distinguer du Pixel 10, qui est son principal concurrent avec un tarif plus abordable.