Arrivée des Meta Ray-Ban Display en France, introduction de lunettes connectées sans caméra, nouvel effort dans la réalité virtuelle et IA omniprésente, tout ce qu’on retient des annonces de Mark Zuckerberg
Les lunettes connectées et VR de Meta (Illustration) - BFM Tech
Le patron du géant des réseaux sociaux Meta, Mark Zuckerberg, a dévoilé mercredi des lunettes connectées sans caméra, pensées comme porte d'entrée vers son intelligence artificielle (IA) Muse, sur fond de fronde contre ses autres modèles susceptibles de filmer les passants à leur insu.
Baptisées Ray-Ban Meta Audio, les lunettes sans caméra seront disponibles à partir du 13 octobre aux Etats-Unis, au prix de 350 dollars. "Sans caméras, cela ouvre beaucoup de nouvelles possibilités de design", a-t-il le patron de Meta lors de la conférence annuelle Meta Connect, à son siège californien de Menlo Park, vantant des lunettes audio "plus légères et plus fines".

Elles ne pèsent en effet que 43 grammes, tandis que les embouts des branches sont ajustables et les coussinets qui reposent sur le nez sont interchangeables. Par ailleurs, Meta annonce qu'elle bénéficie de "la plus longue autonomie" de la gamme. Elles affichent ainsi 12 heures en une charge et jusqu'à 48 heures avec leur boîtier qui les recharge.
Pour séduire un large public, Meta introduit deux nouveaux styles. L'un est rétro et appelé Clubmaster, le second, baptisé Burbank, est plus "classique, hors du temps et rectangulaire". Meta les propose en 23 couleurs et des combinaisons multiples de verres, dont des verres correcteurs.
Toujours des modèles à caméras
Meta continue bien entendu de vendre des lunettes équipées d'une caméra, dont une nouvelle génération de Ray-Ban Meta présentée mercredi. Il s'agit des Ray-Ban Meta (Gen 3), vendues à partir de 449 dollars. Elles sont elles aussi déclinées en de nombreux coloris (27) et combinaisons de verres, et surtout en trois styles: Aviator, Zena (pour les fans de lunettes allongées comme les yeux d'un chat) et Wayfarer.
Ces lunettes affichent une autonomie annoncée allant jusqu'à neuf heures, soit une heure de plus que la génération précédente. Elles utilisent également un nouveau système de micro, six en tout, pour mieux capter votre voix et réduire le bruit ambiant, qu'il s'agisse du brouhaha d'une foule dans une rue saturée ou du vent sifflant en pleine campagne. Le géant américain indique que ce nouveau système peut supprimer 90% des sons parasites environnementaux.
Les Ray-Ban Meta (Gen 3) sont équipées de modules caméra de 12 Mpx, qui sont capables de filmer en 3K. Une mise à jour, qui sera disponible plus tard cette année, devrait permettre à ces lunettes de filmer des vidéos avec un enregistrement audio en Dolby Atmos. Il est évidemment toujours possible de déclencher la prise d'une photo ou d'une vidéo à la voix.
La marque insiste également sur le fait que la LED témoin est toujours bien présente et visible, pour que les personnes autour du porteur de lunettes sachent qu'elles sont filmées ou photographiées.
Une domination du marché des lunettes connectées
Lors de leur présentation, le géant américain a pris soin d'éviter l'évocation des critiques visant les modèles équipés de caméra. Interrogé par l'AFP sur ce point, le vice-président de Meta chargé des produits d'IA, Vishal Shah, a assuré que le voyant lumineux signalant l'enregistrement sur ces modèles avait seulement été rendu "plus explicite" au fil du temps. "Ce n'est pas un changement de notre position", a-t-il affirmé.
Malgré les affaires à travers le monde qui montrent que des utilisateurs peu scrupuleux se servent des lunettes de Meta pour violer la vie privée de personnes qui les entourent, le géant américain domine largement le marché des lunettes connectées, dans lequel il a massivement investi.
Meta détient ainsi près de 84% de ce marché, où 8,7 millions de paires ont été vendues dans le monde en 2025 selon le cabinet Omdia, contre plus d'un milliard de smartphones. Mais ses modèles à caméra sont critiqués, notamment en Europe: la justice française enquête sur des vidéos de femmes filmées à leur insu dans la rue, et Oslo les a bannis de ses écoles.

Crépuscule du métavers, mais pas mort de la VR
Mark Zuckerberg a, par ailleurs, reconnu que le groupe avait "réorienté" ses efforts vers la "superintelligence personnelle", au détriment du métavers, son précédent grand pari. Ce qui ne l'a toutefois pas empêché de lancer un nouveau produit tourné vers la VR, même s'il a annoncé que le groupe allait désormais "construire moins d'appareils de réalité virtuelle".
Appelé Meta VR Glasses, ce casque ressemble à de (grosses) lunettes de soleil, "que vous pouvez comfortablement porter pendant des heures", avance même Meta. Les Meta VR Glasses, qui embarqueront évidemment Meta Ai, pèsent environ 100 grammes, ce qui est extrêmement léger pour un appareil de ce genre. Elles sont ainsi environ cinq fois plus légères que les Meta Quest 3. Pour réussir cette cure amincissante, le géant américain a suivi la voie tracée par Apple avec son Vision Pro. Le produit se compose ainsi de deux parties.
D'une part, les lunettes, elles-mêmes, qui embarquent les capteurs et les écrans. D'autre part, un boîtier connecté aux lunettes via un câble optique, qui contient les composants alloués à la puissance de calcul, au stockage, et, enfin, la batterie. Ce boîtier peut être glissé dans une poche ou clippé à une ceinture.
Le nouveau produit VR de Meta embarque deux écrans micro-OLED 5K, qui affichent 37 pixels par degré. De quoi assurer une bonne lisibilité des textes, estime la société de Mark Zuckerberg. Meta annonce également fièrement que ses Meta VR Glasses sont le premier appareil VR certifié Imax Enhanced. Voilà qui devrait permettre de profiter pleinement des films compatibles disponibles sur Disney+, notamment. D'autant que ces lunettes de réalité virtuelle sont également compatibles Dolby Atmos, pour un son spatialisé.

Meta prévient également qu'il travaille avec d'autres plateformes de contenus, comme Prime Video, Youtube ou encore Crunchryroll pour optimiser les expériences de visionnage.
En bonne ambassadrice de la réalité virtuelle, les Meta VR Glasses entendent évidemment offrir toutes les fonctions qu'on attend de ce genre de produit: cinéma personnel portable, console portable ou encore espace de travail vaste. Il sera possible de travailler avec un clavier et un pavé tactile virtuels dans un espace en réalité mixte multifenêtré. Vous pourrez même vous adonner à des appels holographiques, sur WhatsApp et même Zoom, où vous ferez face à une réplique virtuelle de votre correspondant.
Meta insiste enfin sur le fait que ces lunettes VR ne vous coupent pas du monde comme pouvaient le faire des modèles d'Oculus précédents. Elles sont ouvertes sur le côté et il est possible, grâce aux caméras embarquées, de voir sur ses écrans ce qui se trouve devant vous, comme si l'écran était transparent.
Les Meta VR Glasses seront disponibles au printemps 2027 à partir de 1.300 dollars.
Muse, au cœur des usages
Si les produits ont dont brillé fort lors de cette présentation, Muse, l'assistant IA multitâches, dont la sécurité a récemment été remise en cause, a eu droit à la lumière des projecteurs, lui aussi.
Il arrivera sur les lunettes "dans les prochaines semaines", a annoncé Mark Zuckerberg. Lancé début septembre et capable de réserver un voyage ou faire des achats à la place de ses utilisateurs, Muse est "la pièce maîtresse" de la stratégie du groupe américain propriétaire de Facebook et Instagram, a déclaré son patron, pour qui les lunettes sont "le seul format qui permet à votre Muse de voir ce que vous voyez, d'entendre ce que vous entendez".
Les dizaines de milliards investis par Meta dans l'IA ont jusqu'ici peu porté leurs fruits, ses modèles ayant déçu face à ceux d'OpenAI, d'Anthropic ou de Google. Mais Muse est devenu en septembre l'application gratuite la plus téléchargée sur l'App Store d'Apple aux États-Unis, devant ChatGPT, ravissant les investisseurs: le titre a gagné plus de 11% lundi.
Le groupe compte tirer profit de Muse en prélevant, à terme, "une petite commission sur les transactions" effectuées par l'agent, a expliqué Mark Zuckerberg. Ces différents paris sont censés offrir des relais de croissance à l'entreprise, au-delà de la publicité, la quasi-totalité de ses revenus, qui finance cette année jusqu'à 145 milliards de dollars d'investissements, surtout dans l'IA.
Si son cœur de métier, les réseaux sociaux, reste très rentable, le groupe est toutefois cerné de procédures judiciaires. Fin août, il a conclu avec la quasi-totalité des États américains des accords de plus de 18 milliards de dollars qui brident l'usage de Facebook et Instagram par les adolescents, mais des milliers de plaintes restent en cours.
En face, les concurrents s'activent: Snap a lancé en août des lunettes à plus de 2.000 dollars qui superposent des images numériques au monde réel, Google et Samsung doivent suivre cet automne, et OpenAI prévoit pour 2027 une enceinte sans écran centrée sur ChatGPT.
Mark Zuckerberg a enfin dévoilé "Muse Charm", un petit appareil à accrocher à un porte-clés, pour parler à son agent sans passer par son téléphone, qu'il prévoit de commercialiser en décembre. "Si vous ne portez pas de lunettes, ce sera de loin le moyen le plus rapide de parler à votre Muse", a-t-il assuré.
Meta a aussi annoncé l'arrivée des Meta Ray-Ban Display, ses lunettes à écran intégré dans le verre, au Royaume-Uni, au Canada, en Allemagne, en Italie et en France, où elles seront vendues à partir de 900 euros.