"Ils avaient l'amour et la passion de Castlevania": Evil Empire ressuscite avec classe la mythique chasse aux vampires de Konami

BFM Business Melinda Davan-Soulas
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Disponible depuis ce jeudi, "Castlevania: Belmont's Curse" fait renaître de ses cendres la mythique confrontation entre la famille Belmont et Dracula, initiée par Konami en 1986. Derrière ce premier jeu inédit depuis 12 ans, on trouve les Français d'Evil Empire (The Rogue Prince of Persia) qui rendent un hommage somptueux à la franchise qui inventa le metroidvania.

Après 12 ans d'attente, l'opposition millénaire entre la famille Belmont et la lignée des Dracula reprend de plus belle ce 15 octobre sur consoles et PC. Et le stress touche à sa fin pour les équipes d'Evil Empire, le studio français qui s'est vu confier la résurrection de Castlevania, saga mythique de Konami. Cette fois, changement de décor et de héros.

C'est même une héroïne qui sillonne un Paris médiéval en feu, des hauteurs des tours médiévales aux égouts et cimetières. Des gargouilles en toile de fond, des monstres qui tentent de l'arrêter à chaque coin d'écran et des coups de fouet qui partent, le tout dans une ambiance gothique et lugubre. Nous sommes enfin de retour dans Castlevania.

Car, depuis Castlevania: Lords of Shadow 2 sorti en 2014, la franchise de Konami était restée tapie dans l'ombre, signant quelques déclinaisons mobiles ou compilations, mais pas de véritables jeux canoniques. L'heure de la renaissance a sonné et elle fleure bon la France.

Evil Empire, un studio qui avait "l'amour et la passion" pour Castlevania

Studio bordelais, Evil Twin s’est fait un nom en co-développant le phénomène Dead Cells au côté de Motion Twin, avant de confirmer avec The Rogue Prince of Persia, sacré meilleur Premier jeu lors des derniers Pégases. Mais les développeurs d'Evil Empire ne s'attendaient sans doute pas à une telle reconnaissance quand ils ont conçu l'extension de Dead Cells… Return to Castlevania. Un signe? Oui, celui d'une envie d'explorer un univers qui les fascinait depuis toujours.

"À l’origine, chez Konami, nous éprouvions l'envie depuis un moment de créer un tout nouveau Castlevania", explique à BFM Tech Tsutomu Taniguchi, producteur de la franchise chez l'éditeur japonais. Et par le plus grand des hasards, c'est le moment que choisit Evil Empire pour contacter Konami.

"Ils sont venus nous voir pour nous demander s'ils pouvaient faire un DLC pour Dead Cells sur l'univers de Castlevania," se souvient Taniguchi. "Nous leur avons répondu: 'Pour le DLC, c'est totalement d'accord, mais ça vous dirait de faire un nouveau jeu?'"

Konami rêvait de faire renaître sa mythique licence sous la forme d'un jeu d'action en 2D modernisé. Les équipes d'Evil Empire, qui ont grandi avec la franchise, étaient des amoureux de cet univers et rêvaient de le faire revivre. Et c'est cette passion qui a séduit le géant japonais. Des critères affectifs et humains qui ont guidé la production de Return to Castlevania et, en parallèle, celle de la véritable renaissance de la saga: Belmont's Curse.

Castlevania: Belmont's Curse
Castlevania: Belmont's Curse © Evil Empire / Konami

Le DLC va ainsi servir de "banc d'essai" au jeu développé en secret. "Ça a été très intéressant pour en apprendre davantage sur l’univers, savoir ce que nous pouvions créer pour avoir une expérience forte", se rappelle Emmanuel Nouaille, directeur créatif de ce nouveau projet. "C'était la meilleure expérience avant de commencer la collaboration sur ce jeu-ci."

Paris, l'endroit idéal pour ressusciter Dracula

Car, le Castlevania commandé par Konami n'a pas les mêmes exigences qu'une simple extension. L'éditeur nippon a immédiatement décelé le potentiel de ce studio. Un candidat idéal pour signer ce retour aux sources de la saga, sous la forme d'un "jeu d'exploration et d'action unique". "Pour faire un tel jeu en 2D, il y a un élément crucial, c'est le feeling du jeu, la maniabilité. Le simple fait de manipuler le personnage doit procurer une sensation agréable et fluide. Peu de studios en sont capables. Eux le sont", justifie Tsutomu Taniguchi.

Belmont's Curse s'inscrit directement dans la chronologie officielle de la série. L'histoire se déroule en 1499, 23 ans après les événements de Castlevania III: Dracula's Curse (jeu culte qui a inspiré la série d'animation de Netflix). Alors que la Mort prépare le retour de son maître Dracula, le légendaire chasseur de vampires Trevor Belmont se rend à Paris accompagné de sa fille Rose pour stopper la menace. Pour la première fois dans l'histoire de la franchise, c'est cette dernière, une femme, qui incarne le personnage principal confronté aux créatures démoniaques dans les rues de Paris.

Pour la toute première fois de la saga, le terrain de jeu quitte d'ailleurs les couloirs du château de Dracula pour explorer la vaste carte de la capitale française, alternant néanmoins entre les deux sites. "C'était une évidence pour nous d'utiliser Paris et cette période historique pour raconter une histoire avec beaucoup de fantastique, mais avec aussi une part de vérité très réelle en son cœur," raconte Emmanuel Nouaille qui souligne "l'envie folle" de l'équipe de situer l'aventure dans un cadre qui lui parle. "Si vous utilisez des figures historiques et des lieux existants, c'est une façon de dire au joueur: 'Cette histoire pourrait avoir existé'." Et Taniguchi d'ajouter dans un sourire que "le Paris d'alors était un excellent choix de décor si de mauvaises personnes voulaient ressusciter Dracula".

La French touch des héritiers du genre en atout

Une "French touch" qui dépasse le simple décor de ce nouvel opus. Car Evil Empire a su apporter sa patte unique au gameplay, avec une exigence claire en marque de fabrique: faire ressentir une satisfaction immédiate dans le mouvement.

Manette en main lors de notre session d'essai, la différence avec les anciens titres saute aux yeux. Là où il fallait auparavant se montrer extrêmement prudent, composer avec un positionnement un peu rigide, Belmont's Curse offre une liberté de mouvement totale. Cette fluidité tient beaucoup à l'ajout du fouet Arcana (Arcana Whip). Il sert d'arme, d'outil pour projeter les ennemis, mais aussi de grappin pour s'accrocher à des points spécifiques du décor pour se balancer. Une mécanique verticale majeure pour explorer la carte et découvrir des zones cachées ou jusque-là inaccessibles.

Au-delà de l'arsenal mis à disposition, la grande nouveauté vient du système d'Arcanes. Ces cartes de tarot permettent d'enfermer les boss vaincus pour absorber leurs capacités uniques et personnaliser le style de combat de Rose. Castlevania: Belmont's Curse se voit comme un titre plus stratégique, où l'on s'approprie le gameplay avec un dynamisme fou, hérité directement de la nervosité de Dead Cells ou du mouvement permanent de The Rogue Prince of Persia.

Castlevania: Belmont's Curse
Castlevania: Belmont's Curse © Evil Empire / Konami

Alors que la saga fête cette année ses 40 ans et plus d'une trentaine de déclinaisons de l'univers, Castlevania s'en va écrire une nouvelle page fantastique, dans une ambiance toujours aussi gothique. Mais il rompt avec le traditionnel pixel art pour opter pour un style graphique dessiné, moderne et somptueux. Evil Empire a puisé son inspiration du côté du cinéma d'horreur italien, le Giallo, caractérisé par ses couleurs ultra-saturées, ses contrastes violents et sa mise en scène dramatique. Les ruelles sombres et les bas-fonds de Paris s'animent d'une lueur unique. On y croisera des figures historiques telles Jeanne d'Arc et d'autres personnages tout aussi possédés sur le chemin de la lutte contre la Mort.

"L'idée était de trouver le juste équilibre entre l'hommage et quelque chose de frais, de nouveau. C'était donc très important de trouver un équilibre entre l'innovation et la tradition", reconnaît Emmanuel Nouaille. Les producteurs de Konami, gardiens du temple, ont parfaitement compris cette envie de bien faire. En confiant les clés de leur monument à Evil Empire, ils adoubent les héritiers légitimes du genre metroidvania, genre que Castlevania a lui-même contribué à fonder. Le studio tricolore apporte son ADN moderne et rapide tout en respectant l'héritage de la mythologie Belmont. Un pari brillant qui modernise une légende et pourrait placer Evil Empire au sommet de l'action-plateforme 2D.

CASTLEVANIA: BELMONT'S CURSE - Disponible sur PS5, Xbox Series, Nintendo Switch et PC .