Midterms 2026: date, enjeux, mode de scrutin... Tout savoir sur les élections de mi-mandat aux États-Unis
Vue du palais de justice du comté d'Arlington alors que les électeurs votent dans le cadre du vote anticipé en Virginie, en vue des élections de mi-mandat de 2026, à Arlington, en Virginie (États-Unis), le 18 septembre 2026. - MEHMET ESER / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP
Mardi 3 novembre se tiendront les midterms aux États-Unis. Les élections de mi-mandat sont très attendues et représentent un temps fort du deuxième mandat de Donald Trump, empêtré dans la hausse du coût de la vie et la guerre en Iran. Son parti est pour l’instant majoritaire dans les deux chambres du Congrès, à la Chambre des représentants et au Sénat, mais cela pourrait bien changer.
Près de 250 millions d'électeurs sont appelés à se rendre aux urnes. Mais qu'est-ce que sont ces élections propres aux États-Unis et qu'est-ce qui s'y joue?
Quand se déroulent les midterms?
Comme leur nom l'indique, ces élections ont lieu au milieu du mandat du président américain, tous les quatre ans. Les élections de mi-mandat sont organisées le mardi qui suit le premier lundi du mois de novembre. Soit ce mardi 3 novembre pour les midterms 2026.
Les midterms sont traditionnellement défavorables au président en place. Une tendance qui risque de se confirmer tant Donald Trump est en ce moment impopulaire auprès des Américains.
Sa cote de popularité tourne aux alentours de 37% d'opinions favorables selon la moyenne des sondages collectés par l'expert Nate Silver. Selon le New York Times, le milliardaire républicain aborde ces "midterms" avec la cote de popularité la plus basse depuis le démocrate Harry Truman en 1946, dont le parti avait alors essuyé un sérieux revers électoral.
Pourquoi les Américains sont-ils appelés à voter?
En ce mois de novembre 2026, c'est l'ensemble des sièges de la Chambre des représentants qui est renouvelé. Soit 435 membres élus pour un mandat de deux ans. La Chambre des représentants, ou la Chambre basse, examine les projets et propositions de loi. Chaque État dispose d'un nombre de sièges proportionnel à son poids démographique. Actuellement, le parti de Donald Trump occupe 218 sièges contre 214 pour les démocrates.
Une partie des membres du Sénat sont également remis en jeu. En 2026, 35 sièges sont voués à être renouvelés. Le Sénat assure la représentation des 50 États américains au sein du pouvoir législatif fédéral. Il peut approuver, modifier ou rejeter les textes adoptés par la Chambre des représentants. Chaque sénateur est élu pour six ans. Seul un tiers d'entre eux est renouvelé tous les deux ans.
Mais outre les représentants du Congrès, qui comprend la Chambre des représentants et le Sénat, certains Américains sont appelés à voter pour un scrutin plus local: celui des gouverneurs. Trente-six États éliront leur nouveau gouverneur tout comme trois territoires. Les élus des Parlements de la plupart des États seront également désignés tout comme des maires, des shérifs, des juges ou des procureurs. 145 référendums seront aussi organisés dans divers États.
Quels sont les thèmes qui rythment la campagne?
Une des principales préoccupations des Américains à l'approche des midterms est le coût de la vie. En 2024, Donald Trump avait fait campagne en martelant que l'inflation était trop haute, mettant en cause le président sortant Joe Biden. Mais près de deux ans après son retour à la Maison Blanche, le milliardaire n'a pas réussi à réguler la hausse des prix, qu'il s'agisse du logement, de l'alimentation ou de l'énergie. Sa guerre commerciale, avec des droits de douane contre le reste du monde, a aggravé la situation.
La flambée des prix des hydrocarbures, provoquée entre autres par le blocus iranien du détroit d'Ormuz, inquiète également. La guerre en Iran dans laquelle s'est engagé le président des États-Unis est impopulaire: seuls 35% des Américains la soutiennent. Un sondage de l'université Emerson plaçait en septembre ce conflit en haut des sujets décisifs pour les électeurs au moment de voter.
Si des thèmes comme le droit à l'avortement ou la lutte contre le réchauffement climatique ont presque disparu du débat, l'intelligence artificielle s'impose sur la scène électorale pour la première fois cette année. L'IA s'est immiscée dans les traditionnelles publicités de campagne, quitte à faire preuve de désinformation. Le phénomène, nommé "slopaganda" par des chercheurs, se retrouve à la fois chez les républicains et les démocrates, même si les premiers sont plus nombreux à en faire usage.
Mais le sujet de préoccupation numéro un des électeurs, selon une étude de Fox News mais aussi selon un sondage du Pew Research Center, est la corruption. Et pour cause, l'administration Trump est pointée du doigt dans de multiples affaires de conflit d’intérêts.
Quels sont les enjeux clés de ces scrutins?
Les démocrates ont promis qu'en cas de majorité au Congrès, plusieurs enquêtes seraient lancées sur Donald Trump et son entourage, accusés d'utiliser la Maison Blanche pour s'enrichir.
Cet espoir des démocrates de décrocher une majorité à la Chambre des représentants ou au Sénat, voire aux deux chambres du Congrès, n'est pas illusoire. À une semaine des élections, les démocrates sont en effet donnés gagnants à la Chambre des représentants, avec 220 sièges contre 214 actuellement, selon les données du site américain 270toWin.
Outre la multiplication des enquêtes visant Donald Trump et son entourage, une Chambre des représentants acquise aux démocrates pourrait compliquer l’adoption des lois et du budget.
Concernant le Sénat, la bataille y est plus serrée mais pas impossible pour les démocrates. Dans cette élection partielle, ils pourraient décrocher 49 sièges, contre 47 actuellement. Les républicains hériteraient de 46 sénateurs, contre 53 aujourd'hui. À noter toutefois que certains États sont considérés comme "indécis" et peuvent faire basculer le scrutin d'un côté ou de l'autre.
Si les démocrates venaient à remporter le Sénat, ils seraient en capacité de bloquer certaines nominations présidentielles, notamment judiciaires. Cependant, comme le rappelle Reuters, il n'est pas certain qu'une victoire des démocrates ferait plier l'agenda politique de Donald Trump.
Le président américain fait peu de cas de ses contempteurs et n'a pas à assurer sa réélection en 2028, vu qu'il ne pourra pas se représenter. Son ministre des Finances, Scott Bessent, a affirmé que cela aurait "très peu" d'impact, le président ayant pris l'habitude de gouverner par décrets, notamment en matière de droits de douane, et pouvant opposer son veto aux lois votées par le Congrès.
Autre fait marquant de ces élections de mi-mandat: l'absence inédite des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a annoncé le 23 septembre, ne pas avoir été invitée pour observer le scrutin. Les missions d'observation internationales aboutissent généralement à la publication de rapports d'évaluation sur le déroulement des élections dans les pays membres.
Le 10 septembre, à Dallas, Donald Trump avait appelé ses partisans à "tricher comme des malades" lors des élections des midterms pour permettre aux républicains de conserver leur siège au Congrès.













