Une vidéo "abjecte": un candidat au poste de gouverneur utilise la mère de sa rivale dans un clip de campagne et crée la polémique aux États-Unis

BFM F.B. avec AFP
Vivek Ramaswamy, le 24 août 2024 à Milwaukee

Vivek Ramaswamy, le 24 août 2024 à Milwaukee - KAMIL KRZACZYNSKI / AFP

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Vivek Ramaswamy, candidat républicain au poste de gouverneur de l'Ohio, a fait apparaître dans une publicité de campagne la mère de sa rivale. La candidate démocrate, Amy Acton, a rompu les liens avec sa mère après avoir dénoncé des agressions sexuelles de la part de son beau-père.

Vivek Ramaswamy, candidat républicain au poste de gouverneur de l'Ohio, est sous le feu des critiques aux États-Unis pour la diffusion d'une publicité dans laquelle la mère de son adversaire démocrate, Amy Acton, accuse sa fille de mensonges.

Les deux femmes sont brouillées depuis qu'Amy Acton, à l'âge de 12 ans, a accusé son beau-père de l'avoir agressée sexuellement pendant plusieurs années.

Dans cette vidéo de campagne, Donna Arthur accuse sa fille d'être "une menteuse" et d'avoir "menti toute sa vie".

"Ne la laissez pas devenir votre gouverneure. Si vous pensez qu'elle va améliorer votre vie, vous vous trompez", dit-elle, appelant ainsi à voter le 3 novembre pour Vivek Ramaswamy.

Une mère accusée de "maltraitance"

La campagne de ce milliardaire des biotechnologies, ex-candidat aux primaires républicaines pour la présidentielle de 2024, a confirmé au média Axios avoir produit le spot publicitaire.

Amy Acton a répondu dans un communiqué sur les réseaux sociaux en racontant avoir vécu avec son frère "la maltraitance, la faim, et l'abandon" durant son enfance.

"Nous (...) vivions dans la peur du caractère violent et imprévisible de notre mère biologique", écrit-elle avant d'ajouter : "Entre l'âge de 10 et 12 ans, j'ai été agressée sexuellement par son mari, tandis que ma mère biologique n'a rien fait pour me protéger", écrit-elle.

La candidate démocrate affirme que son beau-père a ensuite été arrêté et inculpé pour viol avant de fuir l'État avec son épouse et d'être déclaré fugitif.

"Je n'ai pas vu ma mère biologique depuis 1978", explique-t-elle.

Amy Acton estime en outre "triste de voir Vivek Ramaswamy exploiter" sa mère pour "son propre bénéfice politique".

Un clip de campagne "abject"

Sa campagne a également répondu en diffusant une vidéo avec son frère, Phil Stearns, dans laquelle il déclare : "Elle avait 11 et 12 ans, et de penser que c'est devenu un argument de campagne... Honte à Vivek."

Dans une lettre ouverte au journal local Columbus-Dispatch, l'ancien maire démocrate de la ville, Michael Coleman, a estimé mercredi que cette vidéo publiée par la campagne de Vivek Ramaswamy était la chose "la plus ignoble, répugnante et abjecte que j'ai jamais vue en trente-cinq ans d'engagement en politique".

MK Pritzker, épouse du gouverneur démocrate de l'Illinois et milliardaire JB Pritzker, a annoncé de son côté faire don de 500.000 dollars à la campagne d'Amy Acton.

Consultante pour des campagnes de candidats républicains, Jeannette Hoffman a qualifié auprès du média NewsNation la vidéo d'"horrible" et de "tellement insultante qu'elle se retourne contre Vivek car elle fait d'Amy Acton la victime".

J.D. Vance au secours de Vivek Ramaswamy

Donald Trump a plaidé l'ignorance sur le sujet mercredi : "Je ne sais rien sur ça, mais j'ai entendu que la mère s'est déchaînée sur la fille (...) Je pense que la mère est témoin de certaines choses aussi, qui sait?", a sous-entendu le président républicain.

En campagne dans son État natal de l'Ohio, le vice-président JD Vance a lui défendu son "bon ami" Vivek Ramaswamy et la vidéo.

"Maintenant les médias et les démocrates dans l'État de l'Ohio sont obsédés par vous savez quoi? Vivek Ramaswamy a eu l'audace de diffuser une pub à la télé dans laquelle il dit les choses comme elles sont, et qualifie Amy Acton de menteuse", a-t-il déclaré.

Selon le média Axios, la campagne de Vivek Ramaswamy va dépenser quelque 4 millions de dollars pour faire diffuser le spot à travers l'Ohio.

Les sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude avant l'élection du 3 novembre.