Crise lycéenne: une influenceuse soupçonnée d'inciter à la violence interpellée

BFM Raphaël Grably
Une publication Instagram de l'influenceuse Manon Delcourt.

Une publication Instagram de l'influenceuse Manon Delcourt. - @manondelcourtt

Ajouter BFM à vos sources préférées sur Google
L'influenceuse Manon Delcourt a été interpellée puis placée sous contrôle judiciaire après la publication de plusieurs posts, en septembre et en octobre, soupçonnés d'inciter à la violence dans le cadre mouvement lycéen.

L'influenceuse Manon Delcourt a été interpellée en raison de publications susceptibles d'inciter à la violence lors des manifestations lycéennes, a indiqué le parquet à BFMTV ce mardi 27 octobre confirmant une information du Parisien.

"À l’issue de sa garde à vue, prise dans le cadre d’une enquête diligentée - après la publication de plusieurs posts en septembre et octobre 2026 - des chefs de provocation à commettre un crime ou délit et menace de mort ou d’atteinte aux biens dangereuses à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique, la mise en cause a été présentée au parquet qui lui a remis une convocation en vue d’une audience prévue en mai 2027", nous précise le parquet de Paris.

Placée sous contrôle judiciaire

En attendant, Manon Delcourt est placée sous contrôle judiciaire. Elle a notamment l’interdiction de manifester sur la voie publique et l’interdiction d’utiliser son compte X. "Elle se réserve le droit d'en solliciter ultérieurement la mainlevée" de ces mesures qui risquent d'avoir des conséquences sur son activité professionnelle, a fait savoir l'avocate de l'influenceuse, Me Sonia Boundaoui, dans un communiqué ce mardi.

Comment raconter l’actualité aux enfants et aux ados ? Chaque semaine, en compagnie de leur invité, Zacharie Legros et Léa Bertrand décryptent un événement qui fait la une.
Professeurs absents, établissements délabrés, emplois du temps trop chargés... Tout comprendre de la mobilisation des lycéens
16:20

La créatrice de contenus, aux 147.000 abonnés sur Instagram et aux près de 190.000 abonnés sur TikTok, a expliqué dans une story Instagram publiée dimanche 25 octobre avoir été arrêtée jeudi 22 octobre à l'aéroport d'Orly à Paris. "J'ai donc passé 26h de garde à vue au commissariat avant d'être déférée au tribunal de Paris, où j'ai également passé une nuit avant de rencontrer le procureur et le juge", a-t-elle précisé, assurant avoir vécu "les 48h les plus sordides de (son) existence".

Dans son communiqué, Me Sonia Boundaoui a déclaré que "lors des débats, la défense a soulevé la question de la nécessité et de la proportionnalité des interdictions envisagées au regard de la liberté de manifestation et de la liberté d'expression et d'information, alors que les faits poursuivis concernent uniquement des publications sur les réseaux sociaux".

Sans qu’il soit possible d’établir si ces publications sont à l’origine de son interpellation, Manon Delcourt a par exemple déclaré le 11 octobre dernier que "la casse on s'en fiche", ou que ce ne sont pas "quelques devantures ou quelques poubelles (...) qui vont faire quelque chose", ou encore le 2 octobre qu'elle "espère" que ce ne sont que "les prémices d'une France à feu et à sang".