« Faiseurs de roi », « force politique clé », « rôle pivot » : les expressions utilisées par les experts et les commentateurs sont nombreuses pour décrire la position qu’occupent aujourd’hui les partis arabes israéliens avec leurs 19 sièges à la Knesset, gagnés lors du scrutin du 27 octobre dernier. Les Arabes représentent 20 % des 10,3 millions d’Israéliens. Avec plus de 80 % de mobilisation, la participation de ces électeurs, descendants des Palestiniens qui n’ont pas été expulsés lors de la création de l’État hébreu en mai 1948, n’a jamais été aussi importante.
Face à eux, les deux blocs politiques n’ont pas obtenu la majorité de 61 sièges permettant de former un gouvernement. Benyamin Netanyahou et son camp, formé avec ses alliés d’extrême droite et les ultraorthodoxes, sont certes arrivés en tête avec 53 sièges mais il leur en manque 8 pour arriver à la majorité.
Le bloc de l’opposition emmené par Gadi Eisenkot, fort de 48 sièges, est hétéroclite. De Yaïr Golan, le chef du parti des Démocrates, héritier de la gauche israélienne, à l’ultranationaliste Avigdor Lieberman (Israël Beitenou) en passant par l’ancien chef d’état-major Eisenkot, défenseur de la doctrine Dahiya qui prône un usage disproportionné de la force militaire, ce camp ne s’est cimenté que dans son refus d’un nouveau mandat de Netanyahou.
« Un bloc à part »
Les partis arabes israéliens, Raam et la Liste unifiée sont eux-mêmes anti-Netanyahou. Le premier, dirigé par le religieux et conservateur Mansour Abbas, a déjà participé à une coalition gouvernementale entre 2021 et 2022. La Liste unifiée, qui regroupe trois partis (Hadash, Ta’al et Balad), est plus nationaliste et plus à gauche.