Une enquête ouverte après une vidéo de violences de l'ultradroite en marge de la manifestation du 24 octobre à Rouen
Un fourgon de la police nationale à Valence (Drome), le 30 avril 2026. - NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Une enquête "pour violences aggravées" a été ouverte à Rouen après la diffusion par le média Blast, d'une vidéo où des militants nationalistes frappent un homme à la suite de la manifestation du 24 octobre, a appris l'AFP du procureur ce lundi 26 octobre.
Ce samedi, après la dispersion de la manifestation, "des affrontements ont opposé des individus issus de mouvances d'ultradroite et d'ultragauche, en centre-ville de Rouen", a expliqué le procureur de la république de Rouen, Sébastien Gallois, dans un communiqué.
"Une vidéo de ces événements, diffusée sur le réseau social X par le média Blast, a été depuis largement relayée sur les réseaux sociaux", a-t-il ajouté.
Sur cette vidéo, on voit un groupe d'individus, certains masqués et cagoulés, courir dans le centre-ville avant de frapper un homme à terre.
Quelques instants plus tard, une dizaine de policiers passent au travers du groupe pour aller contrôler la victime des coups, alors que les auteurs des violences se replient aux cris de "Rouen nationaliste" et "la rue, la France, nous appartient".
Courrier d'élus au préfet
Une enquête pour violences aggravées confiée à la police nationale a été ouverte dimanche selon Sébastien Galois. Le préfet de Seine-Maritime a signalé ce lundi "les éléments en sa connaissance" sur le fondement de l'article 40, toujours d'après le parquet.
Dimanche, la députée PS de Seine-Maritime, Florence Herouin-Léautey, et le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol (PS), avaient alerté par courrier le préfet sur des individus "de l'ultradroite" ayant "agressé à plusieurs reprises des manifestants".
Florence Herouin-Léautey et Nicolas Mayer-Rossignol s'inquiètent que "ces épisodes s'inscrivent dans une recrudescence à Rouen de violences perpétrées par des groupes d'ultradroite qui agissent désormais à visage découvert".
Les deux élus socialistes ont par ailleurs demandé, ce lundi, au Premier ministre Sébastien Lecornu, la dissolution de groupements d'ultradroite, parmi lesquels "Les Normaux, héritiers directs à Rouen de +Génération identitaire+, dissoute en 2021", ainsi que "L'Action française".
Depuis "plusieurs années", ont-ils écrit, "ces deux mouvements participent activement à la 'Marche des Normands'", une manifestation identitaire organisée cette année le 17 octobre et pendant laquelle "des violences ont été commises par des individus venus armés, avec la volonté manifeste de s'en prendre à autrui".
En juin 2024, le groupuscule "Les Normaux" avait annoncé l'organisation à Rouen d'une soirée intitulée "Ausländer raus" ("Les étrangers dehors" en allemand, NDLR).













