Spendesk : reprendre le contrôle des dépenses face à l’essor de l’IA
Selon l’édition 2026 du Rapport sur les dépenses logicielles des entreprises européennes, publié par Spendesk, les montants consacrés aux outils d’IA ont bondi de 340 % en douze mois. Pour Axel Demazy, CEO de Spendesk, cette accélération révèle une transformation plus profonde : celle du pilotage des dépenses et du rôle des directions financières.
Que révèlent les habitudes de dépenses de 2 500 entreprises européennes ?
Chaque année, plus de 10 milliards d’euros de dépenses de PME européennes transitent par notre plateforme. Nous en connaissons les montants, mais aussi le contexte et le contenu, avec un niveau de granularité très élevé. Cette base de données nous permet d’observer les grandes tendances qui transforment la fonction finance.
Les entreprises étudiées dans notre rapport consacrent en moyenne près de 250 000 euros par an aux logiciels. La question des doublons devient particulièrement importante : 72 % des entreprises utilisant l’IA paient simultanément pour au moins deux outils. En France, près de 272 millions d’euros pourraient être économisés au sein des PME en rationalisant ces dépenses.
Ces résultats mettent également en lumière les risques liés au shadow IT, qui dépassent le seul périmètre des directions financières. La facilité avec laquelle les collaborateurs peuvent souscrire à de nouveaux logiciels crée une asymétrie d’information structurelle : certaines dépenses ne sont découvertes par les équipes finance que plusieurs semaines plus tard, sur un relevé de carte. Sans centralisation des données ni stratégie d’adoption de l’IA coordonnée à l’échelle de l’entreprise, les risques de dérapage budgétaire persistent. Chez Spendesk, nous rendons ces dépenses visibles en temps réel, paiement par paiement.
Les dépenses liées à l'IA ont bondi de 340 %. Qu'est-ce que cela change pour les équipes finance ?
Cette progression vient principalement des entreprises ayant déjà adopté l’IA, qui intensifient leurs usages. Ces dépenses sont également très volatiles : pour 60 % des entreprises analysées, les variations mensuelles sont importantes. La facture peut évoluer d’environ 61 % d’un mois à l’autre et les mois les plus coûteux représentent jusqu’à huit fois les montants des mois creux.
Traditionnellement, les entreprises disposent d’une certaine visibilité sur leurs coûts, qu’il s’agisse des achats de matières premières, des recrutements ou des licences logicielles. L’essor des modèles de facturation à l’usage bouleverse cet équilibre : les montants engagés évoluent désormais en fonction de la consommation réelle. Cette transformation complexifie les exercices de prévision budgétaire.
Pour les équipes finance, il devient essentiel de suivre les dépenses en temps réel, d’identifier les anomalies et de prendre des mesures correctives. L’enjeu n’est pas de freiner l’adoption de l’IA, mais de maîtriser ces nouveaux flux.
Comment Spendesk évolue-t-il au-delà de la gestion des dépenses traditionnelle ?
Spendesk est une plateforme européenne de gestion des achats et des dépenses destinée aux PME et ETI. Elle couvre notamment les achats, les cartes physiques et virtuelles, les factures, les notes de frais et l’automatisation comptable. Notre rôle est de donner aux équipes finance davantage de visibilité et de contrôle, tout en leur permettant de consacrer plus de temps à l’anticipation.
Nous réunissons au même endroit les notes de frais, les cartes, les factures et les achats, de la demande jusqu'au paiement.
Grâce à l'intelligence artificielle, Spendesk analyse des dizaines de milliards de données de dépenses, réalisées et en temps réel, à la manière d’un assistant intelligent qui éplucherait toutes les factures, pour repérer automatiquement les opportunités d’économies et les meilleures conditions à négocier, et ainsi arrêter de payer pour ce dont l'entreprise n'a pas besoin.
Un recrutement, un prestataire ou un logiciel doivent pouvoir être considérés dans un même arbitrage. Il s’agit de passer d’une logique rétrospective à un pilotage davantage tourné vers les décisions futures.
Comment intégrez-vous l'IA au sein des workflows financiers ?
Notre vision repose sur une idée simple : Work Better, Spend Smarter.
Depuis nos débuts il y a 10 ans, nous cherchons à simplifier le travail opérationnel des équipes finance grâce à des workflows plus efficaces, c’est Work Better.
L’IA nous permet aujourd’hui d’aller plus loin. Grâce aux données que nous collectons, nous souhaitons redonner davantage de pouvoir aux équipes financières, comme si nous mettions à disposition à chaque client son propre analyste dédié. Notre objectif est de les aider à prendre de meilleures décisions de dépenses, au meilleur moment et dans de meilleures conditions.
À quoi ressemble concrètement l'IA au sein de la solution Spendesk ?
Nous avons lancé Spendesk AI Connect, qui permet d’interroger les données Spendesk en langage naturel depuis des assistants comme Claude ou Dust, grâce à notre implémentation du protocole MCP. Un directeur financier peut ainsi rechercher des factures en attente ou comparer des dépenses sans exporter de rapport.
Nous développons également notre agent comptable. Il analyse chaque facture et son contexte pour recommander le traitement approprié : centre de coûts, codes comptables et entité juridique. Il s’appuie sur les factures précédemment traitées, sans nécessiter de règles configurées manuellement.
Cette IA probabiliste formule une recommandation accompagnée d’un niveau de confiance. Les équipes finance définissent leurs seuils de contrôle et peuvent automatiser les factures simples, tout en vérifiant les situations incertaines.
En phase de test depuis début septembre auprès de onze clients, l’agent traite environ 600 factures par jour, avec un taux de précision de 85 % sur les décisions comptables.
La fonctionnalité de routage intelligent des factures, de son côté, permet aux organisations multi-entités d’utiliser une adresse de transfert centralisée. L’IA analyse les factures et les oriente automatiquement vers la bonne entité, tandis que les exceptions restent sous le contrôle des équipes finance.
Notre conviction chez Spendesk à travers notre roadmap : l’IA doit prendre en charge les tâches qui ne nécessitent pas de jugement humain, afin que les professionnels de la finance puissent se concentrer sur l’analyse, la prévision et les arbitrages. Le directeur financier pourra ainsi progressivement passer de l’explication des écarts passés au pilotage des décisions d’allocation des ressources à venir.
La rédaction de BFM Business n'a pas participé à la réalisation de ce contenu en partenariat avec Scribeo. La consultation du présent article est notamment soumise aux CGU de Scribeo.











