Test : Mad Tracks : à fond les ballons
Testé pour PCPar ,
Surfant sur la vague TrackMania qui a su redonner sur PC un nouvel élan aux courses de voiturettes sur des circuits très déjantés, le studio français Load Inc. propose à son tour Mad Tracks. Soutenu par Micro Application, ce titre s'inspire toutefois davantage de Fun Tracks, Re-Volt ou encore MicroMachines avec ses bolides à friction, ses armes et ses mini-jeux délirants. Un programme fort appétissant sur le papier, mais un peu moins convaincant une fois lancé. Explications.
Sébastien c'est fou
Avant de se plonger dans les entrailles de Mad Tracks, il faudra d'abord se créer un compte. Celui-ci nous permettra non seulement de sauvegarder notre progression dans le titre, mais aussi et surtout de choisir les différents bolides que l'on utilisera au fil des épreuves. C'est en effet la nationalité du pilote (française, allemande, américaine ou anglaise) qui déterminera quels modèles sont accessibles à un joueur ou non. Si chacune des voiturettes fait partie d'une des trois catégories en présence (légère, lourde et rapide), les modèles issus d'une même catégorie mais de nationalités différentes possèdent des performances identiques. Le choix reste donc purement esthétique. Certains préféreront en effet s'afficher dans une réplique de Ford GT40 ou plutôt en Porsche. Chacun son truc. Entre les trois catégories, des différences de performances sont notables, mais le comportement général reste lui assez similaire. Pas de souci d'équilibrage à craindre donc, il faudra trouver d'autres excuses en cas de défaite. Toutes ces voiturettes ont la particularité de fonctionner via un système de friction et perdent donc de leur énergie au fur et à mesure des mètres avalés. Pour éviter de tomber en panne sèche, il faudra alors soit lâcher régulièrement l'accélérateur pendant une fraction de seconde afin de regagner un peu d'énergie, ou utiliser un bonus. Mieux vaut donc garder un oeil sur la jauge d'énergie de notre véhicule, représentée par un grand ressort. Ce système original apporte un peu de fraîcheur à un gameplay autrement bien basique.
Histoire d'ajouter un peu de piment à des courses sur des circuits relativement sages bien que biscornus et un brin aérien, des bonus sont disséminés un peu partout. On pourra d'ailleurs les cumuler et se retrouver à la fin d'une course avec une dizaine de bonus différents. Une variété bienvenue qui complique toutefois un peu leur utilisation. Passer de l'un à l'autre jusqu'à atteindre le bonus stocké désiré ne sera en effet pas toujours évident en pleine course lorsque la liste est longue. Parmi ces bonus, on compte des armes (missiles guidés, mortier), un flash pour éblouir nos concurrents, des taches d'huile, un ralenti, un inverseur des touches, un turbo ou encore un bouclier. La panoplie proposée est donc bien variée, mais on regrette toutefois l'absence de bonus ultime qui pourrait permettre à un concurrent à la traîne d'inquiéter les premiers, du moins dans une course classique. Mad Tracks se compose plutôt d'une tripotée de mini-jeux à la qualité malheureusement trop inégale. Parmi les plus amusants, on citera surtout les jeux par équipe comme le baby foot, le foot dans une espèce de cuvette en glace ou encore le billard. Ces épreuves parfois bien bordéliques, mais assez stratégiques, devraient avoir la cote en multijoueur. Elles révèlent toutefois un défaut du titre : le manque de maniabilité des voitures. Il est en effet difficile de réaliser des manoeuvres rapides pour revenir en arrière par exemple lorsque la balle vient de nous passer sous le nez. La marche arrière étant particulièrement lente, un frein à main aurait été le bienvenu pour changer radicalement de direction en une seconde. Les petits espaces clos accentuent d'ailleurs d'autant plus ce problème.
Un moteur graphique calé

Jouable en solo via trois grands modes de jeu, Mad Tracks se révélera toutefois davantage en multijoueur. On pourra ainsi jouer jusqu'à quatre sur la même machine, et jusqu'à huit en ligne ou en LAN. Dommage que l'interface pour accéder aux différentes parties en ligne soit assez mal agencée, et surtout qu'aucun éditeur de circuit ne soit fourni. La durée de vie s'annonce pourtant très honnête, surtout si on désire tout refaire à chaque fois avec une nationalité différente et donc de nouvelles voiturettes. Trois niveaux de difficulté devraient enfin calmer les ardeurs des joueurs les plus coriaces. Techniquement, le tout s'avère tout juste correct, et même en deçà des performances espérées pour la configuration requise. A ce moteur gourmand, il faut ajouter une physique simpliste (notamment de la balle quand il y en a une), une I.A. décevante et pas mal de petits bugs de finition. Petit détail énervant aussi, la caméra ne revient jamais à celle utilisée dans la dernière épreuve. Le bilan technique n'est donc pas vraiment reluisant. En même temps pour moins de 30€, il ne fallait pas espérer beaucoup mieux. Le gameplay est déjà plein de petites idées, et c'est bien là le principal.

