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Alpes 2030: Edgar Grospiron, chronique d'une fin annoncée

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Alors que la commission d’évaluation des JO Alpes 2030 qui se déroulera la semaine prochaine à Lyon (14 au 16 septembre) apposera officiellement le label olympique sur la carte des sites, en coulisses, ça bataille. Et il est encore question de gouvernance, avec un Edgar Grospiron de plus en plus proche de la sortie.

L’été sera-t-il finalement meurtrier pour Edgar Grospiron? Si l’intéressé n’a pas répondu à nos sollicitations après les révélations du Parisien sur une possible sortie imminente du Cojop, RMC Sport peut confirmer que le boss des JO 2030 ne devrait plus l’être à l’issue du bureau exécutif de ce jeudi à Lyon. "Les négociations pour son départ sont amorcées", expliquent plusieurs sources à RMC Sport. Cela donne du crédit à des rumeurs qui descendaient depuis quelques jours des vallées.

"Le président de la Région a déjà son remplaçant", suggéraient-elles.

Une conférence de presse pour annoncer un nouveau partenaire ce mercredi à Lyon a aussi été annulée à la dernière minute. Jamais un bon signe.

Qui pour le remplacer?

Ainsi, des noms circulent déjà pour prendre la suite: Vincent Jay, champion olympique de biathlon, moteur du projet initial mais écarté le 18 février 2025 au profit du Haut-Savoyard? Michel Vion, qui vient de quitter la Fédération internationale de ski après un parcours de skieur champion du monde puis de dirigeant à la Fédération française de ski jusqu’à en être le président? Étienne Thobois, ancien DG de Paris 2024?

Ce départ résulte d’un énième processus de fragilisation du champion olympique de bosses, depuis longtemps critiqué en interne mais qui pensait, avec la validation par le Conseil d’administration du COJOP le 29 juin dernier de la carte des sites, avoir fait le plus dur. D'autant que celle-ci suivait de quelques jours la 146e session du CIO à Lausanne où son grand oral s’était plutôt bien passé: solution trouvée dans le dossier du hockey sur glace impossible à installer à Nice, lieu de repli à Lyon, emblèmes révélés à Briançon, village olympique au sud de Lyon... La séquence de juin lui donnait du crédit.

Mais dès le mois de juillet, Courchevel entre dans un autre narratif. Et fait ses comptes. En résumé, il est impossible pour la station savoyarde, dont l’arrivée de la piste de ski alpin jouxte le tremplin, de remplir le cahier des charges du Cojop: organiser les épreuves de vitesse hommes et dames, en plus des concours de saut.

Techniquement parlant, cela demande 14 jours d’ouverture de la piste sur un exercice contraignant, une piste de plus de 3km à entretenir et garder en fonction pour les épreuves en elles-mêmes, plus les entraînements obligatoires.

Dans un courrier de la mairie que RMC Sport a pu lire, le maire de la station souligne les difficultés de la faisabilité. "Selon les techniciens, il semblerait qu’en cas d’intempéries, ce programme soit risqué, voire non tenable et nécessiterait un important surplus de main d’œuvre", y apprend-on.

Comprenez: il faut nous aider en moyens humains et financiers. Depuis ce courrier entre la commune et le Cojop, de l’eau a coulé sous les ponts, les échanges se sont multipliés. Le CIO a même tapé du poing sur la table en pressant les parties, selon les informations de RMC Sport, de respecter l’intérêt général d’un projet majeur. Si la FIS n’est pas fan du duo Courchevel/Val d’Isère dans la répartition des épreuves – vitesse d’un côté, technique de l’autre – et l’a encore répété ce week-end de vive voix lors d’une réunion à Monza des grands organisateurs de Coupe du monde, elle s’est rangée derrière l’avis du Cojop. D’autant que c’est le CIO qui a pressé le Cojop de remettre Val d’Isère dans la boucle. Une ultime réunion de calage devrait ainsi être programmée ce vendredi à Courchevel pour lever les dernières interrogations de part et d’autre.

La conclusion d'un été très "chaud"

Cet été "chaud" alimente dans les vallées toutes les supputations qui trouvent leur point culminant à la veille d’un bureau exécutif, ce jeudi, dernière étape avant la Commission de coordination du CIO (Cocom) du début de semaine prochaine, qui validera le déroulé des épreuves. Bureau exécutif qui devrait officialiser le départ d'Edgar Grospiron.

"Chaud" car il implique des politiques, en partie issus du même territoire, qui n’ont jamais caché qu’ils n’étaient pas fans d’Edgar Grospiron. Et ce même s’il était soutenu par une personnalité qui compte: Michel Barnier, lui aussi de Savoie.

Et si parfois, ils font avec, ("tout en le prévenant qu’il va dans le mur", comme l'explique un proche conseiller de la ministre des Sports Marina Ferrari), d’autres affichent clairement leur opposition. Le patron de la Région Fabrice Pannekoucke a ainsi montré de façon ostentatoire son opposition à la nomination de nouveaux cadres au Cojop en juillet en quittant la réunion au beau milieu. De là à imaginer qu’Edgar Grospiron ne conduise pas l’équipe du Cojop qui recevra tous les décideurs du CIO de lundi à mercredi, il n'y a qu'un pas que certains aimeraient franchir. Le plan se déroule sans accroc: ces dernières heures l’ont poussé vers un départ négocié qui pourrait ainsi être annoncé ce jeudi.

Farouche support du champion olympique français, le CIO doit malgré tout s’incliner dans une forme de "realpolitik": les acteurs lausannois ont compris, notamment en toute fin de semaine dernière à force d’insistances diverses et variées, qu’il fallait se résoudre à le débrancher. Sinon, l’opérationnel serait toujours bloqué par le microcosme. D’où ce possible (probable) départ?

Mais avec quelques conséquences aux yeux du monde du sport olympique, braqué sur Lyon la semaine prochaine? Si nouveau boss il y a, il faudra aussi qu’il compte sur un appui de taille pour celui qui est encore pour quelques heures assis dans le siège: l’ensemble des maires des stations était derrière le champion olympique 1992 de bosses.

Reste que les heures à venir d’ici le début de la Cocom s'annoncent de nouveau pas de tout repos et que l’opérationnel va une fois de plus prendre du retard dans la livraison. Mais de source proche du dossier, la répartition entre Val d'Isère et Courchevel, farouche combat du futur ex-patron, sera malgré tout maintenue.