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Meta impliqué, cellule de signalement des autorités… Il y a bien eu “une modération” des réseaux sociaux le 24 octobre

RMC Pierre Bourgès
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Le choix de la rédaction. Selon les informations de RMC, les réseaux sociaux ont été scrutés et surveillés de près par les autorités durant les manifestations du 24 octobre. Entre les géants de la tech et le gouvernement, de nombreux contenus ont été signalés et supprimés.

"Les réseaux sociaux abîment nos démocraties": ce sont les mots du président de la République Emmanuel Macron, alors que le débat autour du blocage des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans revient sur la table avec les manifestations.

Lors de la journée du 24 octobre, de nombreux utilisateurs ont dénoncé une censure de la part des plateformes, avec une absence de contenus mis en avant par ces dernières. Certains messages indiquaient ne trouver aucune photo ou vidéo des manifestations. Et dans les chiffres, ce sentiment se confirme. Sur TikTok, par exemple, le "#24octobre" a été utilisé sept fois moins que le "#17octobre".

"Beaucoup d'internautes en France ont peut-être vu beaucoup, beaucoup moins, si ce n'est pas du tout, de vidéos et de tweets autour de la manifestation du 24 octobre", confirme Clément Domingo, alias SaxX, expert en cybersécurité, au micro de RMC.

"Je me suis rendu compte que sur X, il y avait une forme de modération, ou en tout cas de modération ++ en France métropolitaine", assure-t-il.

Une surveillance renforcée

Selon les informations de RMC, le groupe Meta, qui détient notamment Instagram et Facebook, mais aussi la messagerie WhatsApp, a mis en place une équipe dédiée à la modération des contenus en lien avec les manifestations de samedi. Le groupe est aussi en relation permanente avec les autorités françaises, qui avaient créé, pour le 24 octobre, une cellule chargée de signaler les contenus illicites.

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Le choix de la rédaction : Violences, faut-il aller jusqu'à couper les réseaux sociaux ? - 27/10
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Comme révélé ce lundi 26 octobre, 112 contenus ont notamment été supprimés sur les plateformes samedi dernier à la demande du gouvernement. Il s'agissait majoritairement d'appels à la violence, selon une source proche du ministre de l'Intérieur. Selon les plateformes, ces contenus auraient pu générer près de deux millions de vues et être relayés par près de 350.000 comptes s'ils n'avaient pas été supprimés.

Un bilan prometteur, selon l'entourage de Laurent Nuñez, qui n'exclut pas de remettre en place cette même cellule lors de la prochaine mobilisation, prévue le samedi 31 octobre.

Le gouvernement avait même envisagé une option radicae. Dans un courrier que RMC à pu consulter, l'exécutif avait bien demandé aux opérateurs et fournisseurs d’accès à internet de se tenir prêt à couper les réseaux sociaux le 24 oct, dans le cas où le Premier ministre le déciderait. Cette option n’a finalement pas été activée.

L'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans de retour sur la table

Cette manœuvre relance désormais le débat autour d'une potentielle interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. En théorie, elle est possible, selon plusieurs avocats spécialistes du droit du numérique. L'État peut, sur simple demande, imposer une restriction d'accès aux réseaux sociaux.

En revanche, plusieurs conditions doivent être respectées pour formuler cette demande : il faut que la mesure soit indispensable pour faire face à une situation grave, qu'aucun autre moyen moins contraignant ne soit possible et qu'elle soit provisoire.

"Ça correspond à l'air du temps, cette forme de populisme qui se débarrasse de toutes les règles élémentaires des procédures, du respect", dénonce Alexandre Lazarègue, avocat spécialiste du droit du numérique.

"Il y a véritablement chez nos gouvernants la tentation de prendre ce type de disposition. À force de les prendre, on se rapproche petit à petit d'un régime autoritaire", s'inquiète-t-il.

Plusieurs experts rappellent également que de nombreux outils, comme un simple VPN, peuvent suffire à contourner ces interdictions. Récemment, les manifestants ont également commencé à utiliser une messagerie, Bitchat, qui permet de communiquer sans réseau.