"Des jeunes font du repérage dans nos boutiques": ces commerçants réclament un plan d‘urgence face aux pillages à Rennes
Alors que la préfecture de la Seine-Maritime a déjà autorisé jeudi 29 octobre les commerces des centres-villes de Rouen et du Havre à ouvrir certains dimanches, une généralisation de ces ouvertures sera-t-elle rendu possible?
Jeudi, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a annoncé sur RMC-BFMTV que le gouvernement "facilitera" l'ouverture des commerces le dimanche "d'ici Noël". C'est "un OK de principe" assurait ensuite le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, sur France Inter.
Des dérogations à la fermeture dominicale existent déjà, mais les commerçants en demandent de nouvelles. En temps normal, la loi permet aux maires d'accorder jusqu'à 12 ouvertures dominicales par an. Mais cette limite peut être dépassée si les préfets l'autorisent dans leur département.
Pour le justifier, deux exceptions sont prévues par le Code du travail: un préjudice pour les consommateurs ou une atteinte au fonctionnement normal de l'établissement. C'est ce motif que les représentants de commerçants font valoir avec une seule requête “faites simple”, indique Yohann Petiot directeur général de l'Alliance du commerce.
"Les commerçants, les samedis 17 et 24 octobre, pour certains d'entre eux, ils ont perdu jusqu'à 90% de leur chiffre d’affaires. On a cette dernière ligne droite qu’on ne peut pas rater, qui est essentielle pour les commerçants pour maintenir l’emploi et au final tenter de rattraper un peu de notre activité d’ici la fin de l’année”, appuie-t-il.
Une mesure "nécessaire" dit la confédération des commerçants, mais qui ne suffirait pas à rattraper le chiffre d'affaires perdu les samedis, jour de dépense principal des Français.
La crainte de nouvelles violences samedi
À Rennes, Sophie Juban, gérante de deux instituts de beauté, a lancé un collectif de 500 commerçants rennais pour réclamer un plan d'urgence. “Ça fait deux samedis qu’on vit dans le centre-ville de Rennes, une angoisse permanente parce qu’on ne sait jamais comment ça va partir”, indique-t-elle.
Avec son collectif, elle réclame un accompagnement à la fois de la mairie et de l’Etat. “On a besoin d’un accompagnement économique et d’un accompagnement en termes de sécurité. On rentre dans une période où on a toutes nos taxes à payer en cette fin d’année et on n’en peut plus, on est à genoux. En plus de la casse, il y a ce qu’on appelle la casse silencieuse. C’est-à-dire que chaque fois qu’il y a une manifestation, les centres-villes sont désertés. Donc qui va rembourser le préjudice, qui va nous aider à supporter ce préjudice économique?”, déplore-t-elle.
Alors l’ouverture le dimanche, selon c’est un début de solution.
“C’est une réponse satisfaisante, mais qui va supporter la majoration pour payer nos salariés pour une ouverture le dimanche?”, questionne-t-elle.
D’ici là, la commerçante s’attend encore au pire alors que de nouvelles manifestations vont avoir lieu ce samedi. “On est très inquiet. Depuis le début de la semaine, on a des groupes de jeunes qui passent dans nos commerces pour faire du repérage et qui nous disent 'à samedi 31'”, souffle-t-elle.

