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"Pas parce que je n'ai pas de sous que je vais acheter n’importe quoi": ces cours de cuisine anti-inflation qui cartonnent

RMC Marion Gauthier avec Guillaume Descours
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La hausse des prix du quotidien impacte les Français. Au point qu'à Lens, des ateliers pour gérer son pouvoir d'achat sont organisés. RMC a pu suivre l'un sur la thématique du poisson en cuisine.

Pour lutter contre les prix de l’alimentation augmentent, et si la solution venait ... des cours de cuisine? La ville de Lens, dans le Pas-de-Calais, organise des ateliers en ce sens. "Là, par exemple, pour économiser sur le poisson, on va remplacer la moitié par une légumineuse”, explique Blondie, qui mène la brigade. “L’avantage de la légumineuse, c’est qu’elle est neutre en goût et en plus apporte de la protéine et des fibres. Donc moitié-moitié, mais goût 100% poisson”, détaille-t-elle.

“On apprend pas mal de choses, déjà réduire notre budget, c’est notre premier objectif”, indique Véronique, participante de cet atelier. Elle a passé 30 ans en entreprise et a connu un licenciement économique il y a quelques mois.

“Je fais encore plus attention qu’avant. Dans une enseigne, le premier endroit où je vais, c’est dans le bac anti-gaspi. Ce n’est pas évident d’en arriver là à 55 ans. Je voyais plutôt ma vie évoluer au lieu de régresser. Comme tout augmente, les fruits, les légumes, on en arrive parfois à compter le prix d’un œuf. Quand je vois une barquette de 12, je divise par 12”, indique-t-elle.
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Le choix de la rédaction : Pouvoir d’achat, des ateliers pour apprendre à bien gérer son budget - 21/10
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"Ce n'est pas parce que je n'ai pas de sous que je vais acheter n’importe quoi"

Au-dessus des plats, une majorité de retraitées sont en train de cuisiner. “On va mettre de la truite fumée, c’est moins cher que le saumon. Et on va mettre un peu de baies roses écrasées. C’est un bon compromis pour les fêtes de Noël ! On est convaincues hein ?”, affirme Christina qui interroge les autres du regard. Elle vit seule, et touche une pension d’invalidité de 1.300 euros.

“Heureusement qu’il existe des centres comme ça. Il y a le partage, on ne se sent pas seul. Moi, j’ai un tempérament qui va de l’avant, mais sinon ça serait dur. Moralement et financièrement ça va ensemble”, appuie-t-elle.

Et l'enjeu, c’est aussi de bien manger. C’est ce que défend l’association “Les Anges gardins”. L’atelier commence par un temps d’échange ici sur la surpêche, la pollution marine… L’assistance est studieuse, devant Blondie Schmitt.

“Forcément le contexte pèse, mais je remarque qu’ils ne sont pas indifférents à leur santé et à l’environnement, ils se disent: 'Ce n'est pas parce que je n'ai pas de sous que je vais acheter n’importe quoi', ça compte pour eux aussi”, souligne-t-elle.

Des ateliers très demandés

Alors parmi les conseils livrés: préférer les poissons de saison, petits car ils ont accumulé moins de métaux lourds dans leur organisme et les cuisiner entiers, moins cher que d’acheter des filets.

Les ateliers de la ville de Lens font le plein, c'est ce qu'assure la mairie, qui ajoute des créneaux, si besoin. Plusieurs associations se relaient et la liste est longue sur les trois centres socioculturels de la ville, insiste Ludivine Degouve, l’adjointe au maire.

“Les gens sont en demande et les ateliers sont toujours pleins. Il y en a, c’est la cuisine, d’autres, c’est le sport, le jardinage… On rajoute des créneaux, c’est la population qui décide des ateliers qu’ils ont besoin”, appuie-t-elle.

L’adhésion à l’année coûte 5 euros pour une famille alors qu’à Lens, d’après les dernières données de l’Insee (2023), 35% des habitants ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.